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|---|---|---|---|---|---|---|
[Liste des symboles des coupes et plans]
Liste des symboles des coupes et plans
- Charbon de bois
- ^NP Noix de palme
- Scorie de fer (avec mention Cu , scorie de cuivre)
0 Racine ou radicelle
* Terre brûlée (paroi de case?)
\because "Terre jaune"
xxii | Liste des symboles des coupes et plans | [
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[Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret]
Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret
De tous les grands royaumes qui fleurirent en Afrique, le royaume Kongo reste l'un des plus célèbres. Il continue, de nos jours, à être une référence historique et culturelle importante pour les Africains comme pour leur diaspora. Il symbolise aux yeux de nombreux intellectuels et dirigeants actuels l'exemple de ce dont les habitants du continent furent capables d'édifier en dehors de toute influence extérieure. Entraînés très tôt dans le commerce de traite, les esclaves originaires de la région firent que la culture Kongo soit, du Brésil à New York, en passant par les Caraïbes, à la base de nombreuses traditions d'origine africaine aux Amériques.
Pour les Européens, le royaume Kongo a été source de fascination depuis que les premières caravelles portugaises atteignirent, en 1482, l'embouchure du grand fleuve qui allait prendre son nom. Si ce sont avant tout les intérêts commerciaux, politiques et religieux des empires européens en formation qui sont à la base des grands voyages d'exploration, la découverte de nouveaux mondes suscita aussi la curiosité et le désir de les décrire. De nombreux étrangers - tant laïques que religieux - vécurent et voyagèrent dans la région et laissèrent leurs chroniques et témoignages, entre autres sous forme de descriptions et d'illustrations du pays kongo, de son organisation politique, de ses structures sociales et de ses traditions historiques orales. En même temps, l'élite kongo, rapidement alphabétisée, a laissé des documents historiques précieux
, de son organisation politique, de ses structures sociales et de ses traditions historiques orales. En même temps, l'élite kongo, rapidement alphabétisée, a laissé des documents historiques précieux, comme les missives que ses rois envoyèrent à leurs homologues en Europe. Cette riche documentation fait que l'histoire d'aucune région d'Afrique centrale n'est mieux connue pour les cinq derniers siècles que celle-là. À cette richesse documentaire inégalée à partir de la fin du 15^e siècle se rajoute une multitude de travaux ethnographiques, anthropologiques et d'histoire de l'art depuis la seconde moitié du 19^e siècle. | Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | [
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[Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.1 Etat des connaissances sur le royaume Kongo]
1.1 Etat des connaissances sur le royaume Kongo
Même si comparativement à l'histoire d'autres sociétés en Afrique centrale, celle du royaume Kongo est relativement bien reconstruite, ses origines et son essor restent mystérieux. À leur arrivée les Portugais rencontrèrent un Etat assez centralisé et hiérarchisé qui s'étendait, le long de la côte, de l'estuaire du fleuve Congo au nord jusqu'à l'île de Luanda au sud, à environ 300 km à vol d'oiseau. Sa capitale, Mbanza Kongo, se situait à environ 200 km à l'intérieur des terres à partir de Mbanza Soyo, sa principale localité côtière. Pourquoi, où, quand et comment s'est développé cet Etat ? Qu'est-ce qui explique sa complexité sociale et politique ? Qu'est-ce qui a entraîné l'émergence d'importantes agglomérations ou mbanza qui, en tant que centres de pouvoir, se distinguèrent des villages ou mavata? En outre, certaines zones ont moins attiré l'intérêt des historiens que d'autres. C'est le cas, par exemple, des provinces
septentrionales du royaume dont les anciens territoires se situent aujourd'hui pour l'essentiel dans la République Démocratique du Congo (RDC). En plus, ni l'archéologie ni la linguistique historique n'avaient été systématiquement mises à contribution pour éclairer l'histoire ancienne du royaume Kongo, alors que ces deux disciplines jouent un rôle souvent majeur dans la reconstruction de l'histoire ancienne d'autres parties de l'Afrique. En dehors de fouilles limitées à Mbanza Kongo, Mbanza Soyo et Ngongo Mbata, aucune recherche archéologique d'envergure n'avait tenté jusqu'à présent de retrouver les vestiges de ce royaume pour en comprendre la genèse et l'évolution. La région du Bas-Congo n'avait jamais fait non plus l'objet d'une étude systématique en linguistique historique, alors que l'on possède pour cette région les données les plus anciennes pour une langue bantoue, en l'occurrence des sources sur le kikongo du 17^e siècle. De surcroît, à partir de cette époque, on dispose d'une série de données pour les différentes variétés du groupe linguistique kikongo et des groupes avoisinants. | Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.1 Etat des connaissances sur le royaume Kongo | [
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[Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.2 Conception et objectifs du projet KongoKing]
C'était pour combler ces lacunes dans nos connaissances sur le royaume Kongo qu'a été conçu le projet de recherches intitulé « Political centralization, economic integration and language evolution in Central Africa: An interdisciplinary approach to the early history of the Kongo kingdom » [« La centralisation politique, l'intégration économique et l'évolution linguistique en Afrique centrale : Une approche interdisciplinaire de l'histoire ancienne du royaume Kongo »]. Sous l'acronyme «KongoKing», un financement du type «Starting Grant» du Conseil Européen de la Recherche (CER) de 1.400.760 euros au total (European Research Council Starting Grant No. 284126) fût accordé en 2011 au Prof. Koen Bostoen (UGent) pour coordonner ce projet interdisciplinaire et interuniversitaire d'une durée de cinq ans (2012-2016). Le projet prévoyait une collaboration étroite entre l'Université de Gand, l'Université libre de Bruxelles et le Musée royal de l'Afrique centrale de Tervuren en Belgique ainsi qu'avec plusieurs autres partenaires associés en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord. Le projet visait d'abord à recueillir des données nouvelles en archéologie et en linguistique historique
, en Europe et en Amérique du Nord. Le projet visait d'abord à recueillir des données nouvelles en archéologie et en linguistique historique, puis à les confronter afin d'apporter une lumière inédite sur les origines et le développement du royaume Kongo.
Au départ, les principaux objectifs du projet KongoKing étaient de :
- Reconstruire les origines et l'histoire ancienne du royaume Kongo ;
- Etudier le développement de la complexité politique et sociale et l'émergence de l'urbanisme en Afrique centrale plus généralement ;
- Protéger, conserver et valoriser le fragile patrimoine matériel et immatériel du royaume Kongo et de ses environs et y sensibiliser le grand public ;
- Modéliser l'écologie sociale du changement linguistique dans l'aire kongo surtout en ce qui concerne l'impact de la centralisation politique et de l'intégration économique sur l'évolution des langues ;
- Améliorer les stratégies et les méthodes de recherche interdisciplinaire dans le but de mieux pouvoir reconstruire l'histoire précoloniale de l'Afrique centrale ;
- Renforcer les collaborations scientifiques entre l'Afrique et l'Europe, tout en contribuant à la formation de spécialistes dans les pays africains concernés. | Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.2 Conception et objectifs du projet KongoKing | [
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[Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.3 Recherches archéologiques du projet KongoKing]
Afin de réaliser les objectifs scientifiques mentionnés cidessus, les recherches archéologiques du projet ont visé à (1) établir la séquence chrono-stratigraphique de la région dans laquelle le royaume Kongo émergea, (2) cartographier la distribution spatiale des vestiges du royaume et (3) étudier l'évolution de sa culture matérielle, principalement la céramique et le mobilier funéraire, tant de provenance locale qu'importée. Dans ce but, il était prévu que les fouilles archéologiques se focalisent sur la capitale du royaume, les chefs-lieux des provinces et leur arrière-pays immédiat. Les centres de Mbanza Kongo et de Mbanza Soyo, situés au nord de l'Angola avaient souvent été cités comme modèles d'agglomérations urbaines précoloniales et avaient fait l'objet de fouilles archéologiques préliminaires. L'histoire des autres anciens chefs-lieux kongo et leur localisation précise, en RDC pour la plupart, demeuraient très vagues, même si les sources cartographiques et écrites anciennes témoignaient de leur existence. Nous savions cependant, suite à des enquêtes menées sur place, notamment à Mbanza Nsundi en 1973, 1980 et 1984, que du point de vue archéologique
, suite à des enquêtes menées sur place, notamment à Mbanza Nsundi en 1973, 1980 et 1984, que du point de vue archéologique, il n'y avait plus guère de vestiges visibles de ces sites anciens et que leurs fouilles seraient difficiles.
Au départ, l'idée était donc de concentrer les recherches archéologiques sur Mbanza Kongo, l'ancienne capitale du royaume, désormais en Angola. C'est l'agglomération pour laquelle on possède la documentation historique la plus abondante et où une série de vestiges monumentaux sont encore visibles et concentrés sur un plateau assez bien délimité. Le but était donc, par une stratégie de fouilles appropriée, d'établir la chrono-stratigraphie du plateau depuis le début de son occupation par l'homme ainsi que d'évaluer l'extension et les caractéristiques de l'occupation aux différentes époques. Cela aurait aussi dû permettre de savoir si les structures d'habitat et la culture matérielle des habitants avaient subi des évolutions importantes et d'identifier d'éventuelles interactions avec des régions lointaines à travers des réseaux sociaux et commerciaux. Des fouilles ciblées de cimetières des différentes périodes auraient pu aussi donner de précieuses indications sur la mise en place graduelle d'une stratification sociale. Toutefois
, malgré une visite préliminaire de Pierre de Maret et Koen Bostoen à Mbanza Kongo en décembre 2011 et plusieurs propositions ultérieures de coopération avec l'équipe internationale d'archéologues qui y commençait des fouilles en vue de l'inscription du site sur la liste du
patrimoine mondial de l'UNESCO, le projet KongoKing n'a jamais pu obtenir les permis nécessaires pour participer aux fouilles dans l'ancienne capitale du royaume Kongo ou même pour pouvoir étudier un quelconque autre site lié au royaume en Angola. Par conséquent, la plupart des questions de recherche énumérées ci-dessus restent sans réponse, comme a pu le constater une délégation KongoKing composée de Koen Bostoen, Bernard Clist et Els Cranshof en novembre 2015, lorsqu'ils ont été invités par le Ministère de la Culture d'Angola à venir examiner les vestiges archéologiques de Mbanza Kongo dégagés depuis 2011 par l'équipe internationale.
Les recherches archéologiques du projet KongoKing se sont, par conséquent, concentrées sur la province du Kongo-Central (anciennement Bas-Congo) en RDC, et plus particulièrement sur le bassin de l'Inkisi, l'un des principaux affluents du cours inférieur du fleuve Congo. Après réflexion, ce n'est sans doute pas plus mal, car c'est là que plusieurs historiens ont situé les origines du royaume. De surcroît, c'est dans la vallée de l'Inkisi que les capitales des provinces les plus septentrionales du royaume, à savoir Mbata, Nsundi et Mpangu, se sont établies. Ces provinces et leurs chefslieux ont joué un rôle important dans l'histoire du royaume. Une meilleure connaissance de l'essor de ces mbanza contribue donc aussi à une meilleure compréhension de leur importance dans les processus de centralisation politique et d'intégration économique. Cependant, comme l'ont montré les fouilles, sondages et prospections du projet KongoKing, ces agglomérations anciennes s'avèrent difficiles à localiser sur le plan archéologique.
Nos recherches archéologiques se sont d'abord portées sur Mbanza Nsundi. C'est toujours le nom d'un village actuel sur la piste qui va de Kisantu à Zongo. En plus de la toponymie, les traditions orales locales, l'existence de tombes de «princes» indiquées à Pierre de Maret en 1973 et la présence chez les villageois de quelques objets rituels remarquables paraissent confirmer qu'il s'agit d'un lieu chargé d'histoire et qui pourrait correspondre à Mbanza Nsundi, la capitale de la province de Nsundi à l'époque du royaume. Les fouilles extensives ont porté sur une vaste colline dénommée Kindoki qui domine le village. Au vu de la grande dispersion de l'habitat, même pour une capitale provinciale, la multiplication des sondages sur une grande surface a été nécessaire. Ils ont livré, dès 2012, un cimetière composé d'un peu plus d'une dizaine de tombes remontant aux 17^e-19^e siècles et appartenant à des femmes et des hommes qui devaient appartenir à l'élite locale si on en juge la qualité du mobilier funéraire. Poursuivies en 2013 et 2015, les fouilles ont fourni divers vestiges matériels d'origine Kongo ainsi que quelques-uns d'origine européenne
, les fouilles ont fourni divers vestiges matériels d'origine Kongo ainsi que quelques-uns d'origine européenne, essentiellement de la céramique dans les deux cas. Ils remontent pour la plupart aux 16^e-17^e siècles et correspondent à une occupation assez dispersée de la colline à cette époque, qui est celle du royaume. Toutefois, une poterie décorée au peigne, qui se distingue de toutes les céramiques archéologiques du Bas-Congo connues jusqu'alors, a pu être datée du 14^e siècle. Cela montre que l'occupation de cette colline est antérieure à l'arrivée des premiers Européens dans la région.
Le site de Ngongo Mbata a été fouillé entre 2012 et 2015. Situé lui aussi à proximité de l'Inkisi, mais plus au sud, il
est devenu difficile d'accès sur le plateau de Sabala. On y a retrouvé les fondations de l'église en pierre déjà fouillée en 1938. Son édification remonte vraisemblablement au 17^e siècle, comme le confirme le mélange de vestiges matériels Kongo et européens de cette époque. L'occupation de cette colline ne semble remonter qu'à la fin du 16^e siècle si l'on fait abstraction de quelques vestiges de l'Âge de la Pierre récent. Dans ce cas aussi, une nouvelle étude du mobilier funéraire des tombes trouvé dans l'église indique que certains défunts devaient appartenir à l'élite locale. L'archéologie semble donc corroborer ce que les sources historiques du 17^e siècle indiquaient déjà : Ngongo Mbata fut un nœud commercial important entre les ports atlantiques à l'ouest, la capitale de Mbanza Kongo au centre et la région du Kwango à l'est. Ce fut probablement l'agglomération principale de la province de Mbata, plutôt que Mbanza Mbata, qui était pourtant la résidence officielle du duc de Mbata. | Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.3 Recherches archéologiques du projet KongoKing | [
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[Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.3 Recherches archéologiques du projet KongoKing]
À part les fouilles extensives opérées sur les sites de Kindoki et de Ngongo Mbata, les archéologues du projet KongoKing ont effectué des prospections de surface et des sondages plus restreints sur de nombreux autres sites dispersés dans le Bas-Congo ainsi que sur d'autres dans les régions de Mindouli et de Boko-Songho de l'autre côté de la frontière, au Congo-Brazzaville. Cette région est en effet intéressante car l'exploitation de ses gisements de cuivre y est ancienne et a parfois été mise en relation avec l'origine du royaume Kongo.
D'une façon générale, ces nouvelles campagnes de recherches archéologiques ont permis de faire progresser très significativement notre connaissance du passé de la région. Une série de nouvelles dates ont été obtenues pour l'Âge du Fer Ancien et même s'il reste un hiatus entre celui-ci et le début du deuxième millénaire de notre ère, la chronologie de la région se précise, en tous les cas pour le millénaire qui a vu l'émergence du royaume Kongo.
Enfin, dans le but d'étudier les relations entre les traditions céramiques relevées par l'archéologie et celles qui ont survécu jusqu'à présent dans l'aire Kongo, des enquêtes ethnographiques systématiques ont été entreprises au BasCongo et au nord de l'Angola. | Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.3 Recherches archéologiques du projet KongoKing | [
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[Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.4 Recherches linguistiques du projet KongoKing]
1.4 Recherches linguistiques du projet KongoKing
Afin d'atteindre les objectifs scientifiques mentionnés, les recherches linguistiques du projet ont visé à établir une classification interne et externe du groupe kikongo, dorénavant connu sous le nom de Kikongo Language Cluster (KLC). Les langues qui s'y rattachent se parlent au Gabon, au Congo-Brazzaville, au Congo-Kinshasa et en Angola, y compris au Cabinda. Pour établir ces classifications, nous avons eu recours à une approche phylogénétique tout en prenant en compte le contact linguistique. Le volet linguistique du projet a aussi étudié les vocabulaires culturels les plus pertinents pour la reconstruction de l'histoire politique, sociale, économique et religieuse de la région au moyen de la méthode dite «des Mots-et-Choses».
La très riche documentation déjà existante sur les différents parlers kikongo a d'abord été collectée systématiquement (cf. infra). Ensuite, une mission de récolte sur le terrain par Koen Bostoen, Gilles-Maurice de Schryver, Jasper De Kind
et Sebastian Dom a été entreprise en 2012 au Bas-Congo en RDC. Elle a permis de recueillir des données supplémentaires sur plusieurs parlers peu documentés : kimbata, kimbeko, kinkanu, kimpangu (est) ; cizali, cimbala, cilinji, kizobe, ciwoyo (ouest), kisolongo (sud). Ces données ont fait l'objet de plusieurs mémoires de fin d'étude (cf. infra). En 2015, Sebastian Dom a recueilli de nouvelles données en RDC sur le ciwoyo (ouest), kimanyanga (central), kintandu (est) et kidondo (nord). La même année, Heidi Goes a fait du terrain en Angola et au Cabinda afin d'obtenir des données sur les variétés suivantes : dihungu, kisimbembe, kindamba, kitsotso, kipombo (sud) au nord de l'Angola et civili, ilinji, ikoci, ikwakongo, iwoyo, kisundi, cisundi et kiyombe (ouest) au Cabinda. Occasionnellement, des données complémentaires ont aussi été obtenues auprès d'informateurs en visite ou résidant en Belgique.
Quelques-uns des principaux résultats des études linguistiques - surtout en ce qui concerne la classification du KLC et comment celle-ci peut éclairer l'histoire du royaume Kongo sont résumés ultérieurement dans ce livre (chapitre 7). | Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.4 Recherches linguistiques du projet KongoKing | [
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[Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.5 Recherches documentaires du projet KongoKing]
Au cours du projet, l'équipe KongoKing a fait un effort systématique pour archiver et numériser l'ensemble des très riches sources documentaires des cinq derniers siècles relatifs au Kongo dans les domaines de l'histoire, l'archéologie, la linguistique, l'histoire de l'art, l'ethnographie, l'anthropologie et la cartographie. Plus de 1000 titres ont été recueillis de la sorte : plus de 400 en linguistique kongo et bantoue dont le catéchisme kikongo de 1624 (le tout premier texte en langue bantoue) ainsi que le dictionnaire kikongo de 1652 (aussi le plus ancien pour une langue bantoue), plus de 330 liés à l'histoire du Kongo, plus de 130 en archéologie, plus de 80 en ethnographie et en histoire de l'art, plus de 70 en anthropologie ainsi qu'une dizaine de biographies et quelques bibliographies. À part ces ouvrages, plus de 160 textes en différents parlers kikongo ont été recueillis et numérisés afin de les rendre accessibles pour des recherches de corpus en linguistique. Ils ont une profondeur chronologique qui atteint 400 ans. Ils peuvent être attribués aux différents sousgroupes généalogiques du KLC : pour le groupe sud
, nous avons pu réunir jusqu'à présent +/- 82 textes datés entre 1624 et le présent, pour le groupe central +/- 34 textes entre il y a 100 ans et le présent, pour le groupe est +/- 27 textes entre il y a 100 ans et le présent et pour le groupe ouest +/- 13 textes entre il y a 100 ans et le présent, ainsi que 10 en kikongo ya leta dont les plus anciens ont une centaine d'années. | Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.5 Recherches documentaires du projet KongoKing | [
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[Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.6 L'équipe KongoKing]
1.6 L'équipe KongoKing
Dès le départ, le projet KongoKing a été conçu non seulement comme un projet interdisciplinaire, mais aussi interuniversitaire. En tant qu'employeur du coordinateur du projet, à savoir le Principal Investigator (PI) Koen Bostoen, l'UGent était l'institution principale. Le professorat de recherche du PI a été financé par le fonds de recherche (BOF) de l'UGent. A travers le financement de l'ERC, l'UGent a aussi employé Bernard Clist en tant que chercheur postdoctoral pour la coordination générale des recherches archéologiques du projet (à temps plein de 2012 à 2016) et Gilles-Maurice de Schryver en tant que professeur en linguistique (à temps
partiel de 2012 à 2015). L'ULB était représentée par Pierre de Maret qui a participé à la conception du projet, aux fouilles archéologiques de 2013, à la direction des trois doctorants recrutés par KongoKing et à l'analyse générale des données archéologiques. Le MRAC était représenté par Alexandre Livingstone-Smith qui a participé aux fouilles archéologiques et enquêtes ethnographiques en 2013, aux analyses de la poterie kongo moderne et à l'accompagnement des doctorants. Les doctorants engagés par le projet KongoKing étaient Els Cranshof, dont les recherches doctorales portaient sur la poterie kongo ancienne, Winnie Kaumba Mazanga qui s'est focalisée sur la poterie kongo moderne, et Igor Matonda Sakala qui s'est concentré sur l'histoire du bassin de l'Inkisi à l'époque du royaume Kongo. Tous les trois ont travaillé à un doctorat en cotutelle entre l'UGent et l'ULB, sous la supervision de Koen Bostoen (UGent) et de Pierre de Maret (ULB) secondé après son éméritat par le Prof. Olivier Gosselain (ULB). Pendant les trois derniers mois du projet
, sous la supervision de Koen Bostoen (UGent) et de Pierre de Maret (ULB) secondé après son éméritat par le Prof. Olivier Gosselain (ULB). Pendant les trois derniers mois du projet, le Dr. Guy Kouarata a recueilli de nouvelles données linguistiques sur les parlers kikongo peu documentés au Congo-Brazzaville. Pendant la même période, Caroline Landsheere, Héloïse Meziani, Lore Goethals et Pauline Peters ont été collaboratrices scientifiques du projet en vue de la finalisation du présent livre. Au cours du projet, Sebastian Dom, Maud Merchiers, Delphine Saelens, Elke Seghers et Robin Van Den Broeck ont travaillé comme jobistes.
En plus des chercheurs directement impliqués dans le projet KongoKing, un certain nombre d'autres chercheurs y ont contribué par des projets de recherche associés. Birgit Ricquier (MRAC) a réalisé, en tant que chercheur postdoctoral en linguistique, des recherches sur les vocabulaires relatifs à la cuisine et aux institutions politiques, financées par un crédit « Action 1 » de la Politique scientifique fédérale belge. Inge Brinkman (UGent), associée au projet en tant que professeur invité en histoire, langues et cultures africaines, a mené des recherches historiques sur l'éducation, le problème de la traduction et le rôle des interprètes au royaume Kongo. Jasper De Kind (UGent) et Sebastian Dom (UGent), tous les deux aspirants du FWO, ont consacré leurs projets doctoraux en linguistique africaine respectivement à la structure de l'information et à l'expression du temps et de l'aspect en kikongo, tandis qu'Heidi Goes (UGent) a mené des recherches comparatives sur la phonologie des parlers kongo dans le cadre d'un projet doctoral financé par le fonds de recherche (BOF) de l'UGent. A l'ULB, Nicolas Nikis, aspirant du FNRS, a réalisé des recherches archéologiques, archéométrique
, Nicolas Nikis, aspirant du FNRS, a réalisé des recherches archéologiques, archéométrique, anthropologique et historique sur la métallurgie du cuivre en Afrique centrale, plus particulièrement dans les zones cuprifères de Mindouli et Boko-Songho au Congo-Brazzaville. Hein Vanhee (MRAC/UGent) s'est associé au projet, par ses recherches doctorales portant sur les chefs yombe et la politique indigène de l'Etat colonial au Mayombe.
Il faut encore mentionner les nombreux étudiants de l'UGent et de l'ULB qui ont consacré un ou plusieurs mémoires de fin d'étude à un sujet de recherche en rapport avec les objectifs du projet KongoKing, à savoir Eva Bleyenberg (UGent), Jasper De Kind (UGent), Astrid De Neef (UGent), Sebastian Dom (UGent), Sarah Drieghe (UGent), Maud Merchiers (UGent), Leander Otto (UGent), Delphine Saelens (UGent), Amanda Sengeløv (UGent), Hanna Vandenabeele (UGent), Eva Vergaert (UGent), Charlotte Verhaeghe (UGent), Aaron Willaert (UGent), Maria Rita Wohnrath A. Campos
(ULB). Il faut aussi mentionner ceux qui ont participé aux fouilles archéologiques en RDC dans le cadre de leur stage en archéologie à l'UGent : Amanda Sengeløv (2013), Charlotte Verhaeghe (2013), Eva Vergaert (2013), Jasmijn Overmeire (2014), Maarten Praet (2014), Kaat Scheerlinck (2014) et Toon De Herdt (2015) ainsi que Blair Zaid (2015), doctorante à l'Université de Michigan aux Etats-Unis. Enfin, une collaboration entre le projet KongoKing et l'université d'Evora au Portugal a permis, dans le cadre d'un programme européen, de réaliser les premières études archéométriques de poteries de l'aire Kongo datées entre le 13^e siècle et le 18^e siècle, par Anna Tsoupra (2017). | Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.6 L'équipe KongoKing | [
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[Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.7 Collaborations du projet KongoKing]
1.7 Collaborations du projet KongoKing
Bien évidemment, l'équipe du projet KongoKing a bénéficié de multiples aides, conseils et échanges pour arriver aux résultats obtenus.
Des collaborations ont été élaborées tout d'abord au sein des institutions concernées directement par le projet. À l'UGent, nous avons pu compter sur la coopération du Prof. Peter Vandenabeele, du Prof. Wim De Clercq, du Prof. Veerle Linseele et du Dr. Davy Herremans du Département d'Archéologie, du Prof. Laszlo Vincze, du Prof. Luc Moens, du Dr. Bart Vekemans, des doctorantes Mafalda Barrocas Dias Teixeira da Costa, Anastasia Rousaki et Alessia Coccato du Département de Chimie Analytique, du Prof. Geert Baert du Département des Biosciences appliquées et du Prof. Philippe de Maeyer et de ses nombreux collaborateurs du Département de Géographie. Au Musée royal de l'Afrique centrale, nous avons collaboré étroitement avec le Dr. Hans Beeckman et le Dr. Wannes Hubau du laboratoire de biologie du bois et d'écologie forestière, avec le Dr. Max Fernandez-Alonso, le Dr. François Kervyn, le Dr. Mohamed Laghmouch, le Dr. Florias Mees et le Dr. Luc Tack du Département des Sciences de la Terre, et avec le Dr. Els Cornelissen et le Dr. Julien Volper du Département des Patrimoines. Le Dr. Ignace De Keyser, ancien employé du MRAC, nous a également apporté sa contribution.
En plus des institutions impliquées directement dans le projet KongoKing, nous avons reçu le soutien et la collaboration des collègues suivants en Europe et en Amérique : Dr. Louis-Pierre Baert, Dr. Rosa Garcia y Gomez (Musées Royaux d'Art et d'Histoire, Bruxelles, Belgique), Dr. Steven Bouillon (KU Leuven, Belgique), Dr. Simon Branford (University of Reading, Royaume-Uni), Prof. Maria da Conceiçao Lopes (Université de Coimbra, Portugal), Dr. Paul Dubrunfaut (Musée royal de l'Armée et d'Histoire militaire, Belgique), Prof. Cécile Fromont (University of Chicago, Etats-Unis), Prof. Rebecca Grollemund (University of Reading/ University of Missouri), Dr. Geoffroy Heimlich (Institut des Mondes Africains, Paris, France), Prof. Linda Heywood (Boston University, Etats-Unis), Dr. Karlis Karklins (Society of Bead Researchers, Ottawa, Canada), Dr. Raymond Lanfranchi (France), Prof. Wyatt MacGaffey (Haverford College, Etats-Unis), Prof. Elikia M'Bokolo (École des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris, France), Prof. José Mirao (Université d'Evora, Portugal), Dr. Caroline Polet (Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, Bruxelles), Prof. Isabelle Ribot (Université de Montréal
, Paris, France), Prof. José Mirao (Université d'Evora, Portugal), Dr. Caroline Polet (Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, Bruxelles), Prof. Isabelle Ribot (Université de Montréal, Canada), Prof. David Schoenbrun (Northwestern University, Etats-Unis), Dr. Luc Tack (MRAC), Prof. John Thornton (Boston University, Etats-Unis), Prof. Dominique Schwartz (Université de Strasbourg, France) et Prof. Jelmer Vos (Old Dominion University, Etats-Unis).
Conformément à l'objectif de renforcer les capacités scientifiques dans les pays africains concernés, deux doctorants congolais, à savoir Mandela Kaumba Mazangu (Université de Lubumbashi) et Igor Matonda Sakala (Université de Kinshasa), ont été recrutés. Ils ont reçu une formation doctorale en cotutelle en Langues et Cultures africaines à l'UGent et en Histoire, Histoire de l'Art et Archéologie à l'ULB. Par ailleurs, en RDC, d'étroites collaborations scientifiques ont été établies avec l'Université de Kinshasa (UNIKIN) et l'Université Kongo de Mbanza Ngungu par le biais du Prof. Jacob Sabakinu et avec l'Institut des Musées Nationaux du Congo (IMNC) par le biais de son directeur, le Prof. Joseph Ibongo. Plusieurs collaborateurs de cet institut ont participé activement aux différentes missions de terrain archéologiques en RDC, correspondant pour eux à des stages de formation. Il s'agit de Roger Kidebua, Clément Mambu, Alphonse Nkanza Lutayi et Jeanine Yogolelo. Pour les recherches en République du Congo, le projet a pu compter sur le soutien de Mme Julienne Nsania, Directrice de l'archéologie à la Direction Générale du Patrimoine et des Archives et de Mr Jean-Paul Goma
, le projet a pu compter sur le soutien de Mme Julienne Nsania, Directrice de l'archéologie à la Direction Générale du Patrimoine et des Archives et de Mr Jean-Paul Goma, Directeur départemental du Patrimoine et des Archives. En Angola, nos interlocuteurs principaux pour l'archéologie étaient le Dr. Maria Da Piedade de Jesus, directrice de l'Institut national du Patrimoine culturel, et le Dr. Sonia da Silva Domingos du même institut. Pour nos recherches linguistiques, nous avons reçu l'appui du Prof. Manuel Ndonga Mfuwa de l'Université d'Agostinho Neto à Luanda ainsi que de son collaborateur Afonso Teca (doctorant à l'Université de Bayreuth).
En plus des nombreuses rencontres formelles et informelles entre les membres de l'équipe KongoKing pour échanger sur la progression de la recherche, plusieurs séminaires et conférences ont été organisées au cours du projet afin de diffuser les objectifs et les résultats scientifiques auprès du monde académique et du grand public. Le projet a donc été présenté à l'Université de Gand au mois de mars 2012, puis au Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, au village de Mbanza Nsundi et à l'Université Kongo à Mbanza Ngungu en RDC au mois de mai 2012. Des ateliers d'échanges ont eu lieu à l'ULB avec David Schoenbrun en mars 2013 et à l'UGent avec Maria da Conceiçao Lopes en février 2015, mais aussi avec Cécile Fromont en mars 2015 et avec John Thornton en mai 2015. En mai 2016, un atelier de fin de projet a été organisé à l'UGent en présence de Cécile Fromont, Wyatt MacGaffey, Elikia M'bokolo, Jacob Sabakinu et Jelmer Vos, participants en tant qu'experts externes. En novembre 2017, les principaux résultats du projet ont été présentés à Kinshasa par Koen Bostoen, Bernard Clist et Igor Matonda lors de rencontres à l'IMNC, au Centre Wallonie-Bruxelles et à l'UNIKIN.
De nombreuses communications scientifiques en archéologie et en linguistique ont été proposées entre 2012 et 2016, entre autresauxrencontressuivantes:AfrilexConference,University of Pretoria, South Africa (2012); Niger-Congo Conference, Paris, France (2012); African Archaeological Research Days, Southampton, UK (2012); GAPSYM, Ghent University, Ghent, Belgium (2012-2016); International Conference on Bantu Languages, Paris, France (2013); International Conference of Historical Linguistics, Oslo, Norway (2013); Colloquium on African Languages and Linguistics, Leiden University, Leiden, The Netherlands (2013-2016); Annual Meeting of the Societas Linguistica Europaea, Split, Croatia (2013); Workshop on
Information structure in Bantu languages, Humboldt-Universität zu Berlin, Germany (2013); Kongo Across the Waters Conference, University of Florida, Gainesville, USA (2014); Kongo, Power \& Majesty Meeting, Williamstown, USA (2014); Congress of the Pan African Archaeological Association for Prehistory and Related Studies, Johannesburg (2014); Workshop on the Origins and Development of Creole Societies in the Gulf of Guinea, Lisbon, Portugal (2014); Annual Meeting of the Societas Linguistica Europaea, Poznan, Poland (2014); XVth Nordic TAG conference, Copenhagen University, Copenhagen, Denmark (2015); European Conference on African Studies, Paris (2015); World Congress of African Linguistics, Kyoto University, Japan (2015); Capturing Phylogenetic Algorithms for Linguistics, Lorentz Center, Leiden, The Netherlands (2015); University College London Centre for Research into the Dynamics of Civilization, London, UK (2015); International Conference on innovation in art research and technology (InArt), Ghent, Belgium (2016); Annual Conference on African Linguistics, University of California, Berkeley, USA (2016); International GeoRaman Conference, Novosibirsk | Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.7 Collaborations du projet KongoKing | [
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, Ghent, Belgium (2016); Annual Conference on African Linguistics, University of California, Berkeley, USA (2016); International GeoRaman Conference, Novosibirsk, Russia (2016); International Conference on Bantu Languages, University of Helsinki, Helsinki, Finland (2016); Biennial Meeting of the Society of Africanist Archaeologists, Toulouse, France (2016); Annual Meeting of the Societas Linguistica Europaea, Naples, Italy (2016).
Il faut encore mentionner une institution congolaise qui nous a apporté un soutien logistique sans faille pendant la durée du projet, à savoir la Procure Sainte Anne de Kinshasa qui a hébergé gracieusement notre matériel de fouille et notre véhicule. Nous n'oublierons pas non plus notre chauffeur, Isidore Nkanu Tsasa, qui a développé des qualités certaines comme technicien de fouilles.
Enfin, nous remercions les relecteurs qui sont venus s'adjoindre aux trois co-éditeurs pour les ultimes corrections du manuscrit, à savoir Jean Bourgeois, Gilles-Maurice de Schryver, Raymond Lanfranchi, Catarina Madeira Santos et Héloïse Meziani, tout comme Caroline Landsheere et Dirk Seidensticker, pour leur apport à la production des cartes dans ce volume. | Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.7 Collaborations du projet KongoKing | [
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[Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.8 Publications du projet KongoKing]
1.8 Publications du projet KongoKing
Au courant du projet KongoKing, plusieurs articles, chapitres et livres ont été publiés dont nous donnons ici la liste exhaustive par ordre chronologique et alphabétique : Clist (2012a), De Kind et al. (2012), Bostoen et al. (2013), Clist (2013), Clist et al. (2013a), Clist et al. (2013b), Nikis et al. (2013), Bostoen et al. (2014), Clist et al. (2014), De Kind (2014), Kaumba (2014), Matonda et al. (2014), Nikis \& Champion (2014), Verhaeghe et al. (2014), Bostoen et al. (2015b), Bostoen \& de Schryver (2015), Brinkman (2015), Clist et al. (2015a), Clist et al. (2015b), Clist et al. (2015d), De Kind et al. (2015), de Schryver (2015), de Schryver et al. (2015), Dom \& Bostoen (2015), Grollemund et al. (2015), Kaumba (2015), Nikis \& De Putter (2015), Brinkman (2016), Brinkman \& Clist ( 2016), Clist (2016), Matonda (2016), Ricquier (2016), Rousaki et al. (2016), Coccato et al. (2017), Kaumba (2017), Rademakers et al. (2018), Bostoen \& Brinkman (2018) et Polet et al. (2018).
En plus, plusieurs mémoires et thèses ont été produits dont nous donnons ici aussi la liste exhaustive par ordre chronologique et alphabétique : Bleyenberg (2012), De Kind (2012), De Neef (2013), Dom (2013), Drieghe (2013), Drieghe
(2014, 2015), Merchiers (2014), Sengeløv (2014), Vergaert (2014), Verhaeghe (2014), Wohnrath A. Campos (2014), Otto (2016), Saelens (2016), Van Acker (2016), Vandenabeele (2015), Willaert (2016), Matonda (2017), Tsoupra (2017), Asti (2018) et Van Acker (2018). | Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.8 Publications du projet KongoKing | [
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[Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.9 Contenu du présent livre]
1.9 Contenu du présent livre
Le but de cet ouvrage est de faire une présentation aussi complète que possible des nouvelles données archéologiques obtenues par le projet KongoKing.
La première partie est consacrée au contexte général. Les circonstances dans lesquelles a été élaboré le projet, l'histoire de la recherche archéologique dans la région jusqu'au début du projet et une vue d'ensemble du milieu physique dans la zone d'étude y sont présentées.
La seconde partie concerne les résultats des recherches multidisciplinaires sur le contexte. Elle aborde successivement l'évolution du milieu, ce que l'on sait au sujet des Âges de la Pierre ainsi que sur les débuts de la
céramique, de la sédentarisation et de la métallurgie, à la lumière des dernières données recueillies. Sont ensuite développés les résultats obtenus par les recherches en linguistique historique et les informations récoltées sur les provinces septentrionales du royaume dans diverses sources historiques.
Dans la troisième partie sont présentées les prospections et fouilles des différents sites étudiés entre 2012 et 2015.
Dans la troisième partie sont présentées les prospections et fouilles des différents sites étudiés entre 2012 et 2015.
Ensuite, dans la quatrième partie consacrée au bilan des recherches archéologiques, sont proposés une synthèse des datations, une esquisse de la séquence chrono-culturelle de la poterie kongo et des études systématiques sur les différents vestiges matériels récoltés : poteries kongo et européenne, pipes, perles, armes, cloches et objets religieux, usage du cuivre, ossements humains et animaux.
Enfin, les conclusions générales présentent une synthèse de l'ensemble de ces découvertes et la façon dont cellesci complètent les données issues des autres disciplines afin d'éclairer d'un jour nouveau l'histoire du royaume Kongo. | Chapitre 1 | Koen Bostoen, Bernard Clist et Pierre de Maret | 1.9 Contenu du présent livre | [
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[Chapitre 2 | Historique des recherches archéologiques]
Chapitre 2
Historique des recherches archéologiques
Pierre de Maret et Bernard Clist
En Afrique centrale de l'ouest, c'est dans le Bas-Congo, la région qui nous intéresse dans ce projet, que furent signalées les toutes premières découvertes archéologiques. En effet, s'y retrouvent en abondance des outils de pierres taillées dégagés par l'érosion à la surface des collines entre le fond de l'estuaire et le Pool. C'est ainsi que, dès le début de l'entreprise coloniale, en 1885, un ingénieur du nom de Zboinski récolta des outils préhistoriques aux alentours de Manyanga (Dupont 1887). Dans les années qui suivirent, les découvertes allaient se multiplier le long de la piste des caravanes et du chemin de fer en construction, aboutissant à une première synthèse (Cornet 1896) et même à un premier livre (Stainier 1899). Des découvertes d'artefacts préhistoriques sont aussi signalées en Angola pendant la même période (Dupont 1887).
Durant les décennies suivantes, les découvertes se succèdent, mais l'attention reste fixée sur l'outillage lithique. En effet, l'intérêt des chercheurs se focalise sur la compréhension de la préhistoire africaine en comparaison avec la préhistoire européenne, dont l'étude suscite, à l'époque, un extrême engouement. Le matériel découvert est donc systématiquement comparé avec les industries connues en Europe, en l'occurrence avec les pièces appartenant surtout au Néolithique, même si la céramique associée au lithique ne retient guère l'attention. Par contre, la maîtrise dont les habitants faisaient preuve dans le travail du métal, indiquait pour Stainier (1899) la haute antiquité de cette technique dans la région.
Sur base des nombreux artefacts en pierre récoltés en surface, notamment aux alentours du poste et de la mission catholique de Tumba, Oswald Menghin (1925), un archéologue autrichien, proposa d'y reconnaître une «Tumbakultur» qui s'étendrait au Congo français et à l'Angola. Cet ensemble archéologique était caractérisé, selon lui, par des pointes de flèches et de lances, des lames, des haches et d'autres outils bifaces, ainsi que par des haches plus ou moins polies et de la poterie pour la période la plus récente. Pour lui, ce Tumbien représentait une période typique de la préhistoire récente de l'Afrique centrale qu'il attribuait à une culture d'éleveurs de porcs matriarcaux (sic) (Menghin 1925, 1926). Quelques années plus tard, Menghin (1931) se lança dans une des premières synthèses de la préhistoire mondiale, ce qui valut au Tumbien une renommée internationale, alors qu'il s'agissait d'un mélange d'industries de différentes périodes causé par une intense érosion.
A partir de 1924, Jean Colette, un employé des postes et archéologue amateur posté successivement à Boma, Matadi et Léopoldville, découvrit une série de sites et se rendit compte que le mélange d'artefacts de type paléolithique et néolithique en surface rendait impossible leur classement chronologique. En outre, seules les belles pièces avaient été récoltées jusqu'à
ce moment-là. Il réalisa que si on voulait comprendre l'âge et la chronologie des industries de la région, il fallait procéder à des fouilles minutieuses, ce qu'il entreprit de 1925 à 1927 à la pointe de Kalina à Kinshasa, Léopoldville à l'époque. Il fit aussi œuvre de précurseur dans l'étude méticuleuse du matériel récolté en étant l'un des premiers au monde à faire l'étude statistique des différentes industries lithiques rencontrées. Pour les périodes plus récentes, il montra la présence de grandes fosses contenant des récipients quasiment intacts et une possible association entre poteries et haches polies (Colette 1935; Bequaert 1938).
En 1938, Maurits Bequaert, chef de la section de Préhistoire du Musée Royal du Congo belge, entreprit une longue mission de prospections et de fouilles qui commença par une série de sondages au Bas Congo, près de Tumba puis de Thysville (MbanzaNgungu). Sur ce dernier site, outre des outils préhistoriques, il récolta quelques tessons (Bequaert 1962). Pour lui, comme pour ses prédécesseurs, l'attention se portait essentiellement sur la préhistoire et les industries lithiques qu'il s'agissait de comparer avec celles connues en Europe. Le passé plus récent des populations locales ne les intéressait guère.
Il n'est donc pas surprenant de constater que les premières fouilles à but non-préhistorique furent entreprises pour étudier plutôt les vestiges de la première évangélisation par les Européens du royaume Kongo. C'est comme cela que dès 1913, un administrateur de territoire du nom de Verschaffel dégage deux tombes à proximité d'une grande croix en bois et d'un vieux canon portugais situés à Mbata Makela (alias Mbata Kulunsi, Mbata Kuluzu, Mbanza Mbata kia Madiamba, Mbanza Mbata Luvambu, Mbanza Mbata kia Nkumiti), qui avaient été remis en 1909 au Jésuite Ferdinand Allard (Vandenhoute 1973: 192-193; Cortembos 2013: 21).
Non loin de là, et plus d'une vingtaine d'années plus tard, en 1937, quelques missionnaires retrouvèrent les vestiges d'une ancienne église à Ngongo Mbata qu'ils entreprirent de sonder l'année suivante. Ils étaient à la recherche de la tombe de Joris Van Geel, un missionnaire capucin qui, dans son zèle évangélisateur, avait été lapidé en 1652 dans les environs. Ils espéraient ainsi récolter des données sur son martyr afin de contribuer à son procès en canonisation. Apprenant que M. Bequaert menait une campagne de recherches archéologiques dans la région, ils lui demandèrent de les aider. Les fouilles eurent lieu en trois phases : (1) du 20 août jusqu'au 10 septembre 1938 sous la direction du père Georges Schellings, (2) du 31 octobre au 20 décembre 1938 sous la direction de Maurits Bequaert, et (3) du 25 septembre au 15 octobre 1942, à nouveau sous la direction de Schellings. Trente-cinq tombes furent donc dégagées dans le sous-sol de l'église, mais celle de Joris Van Geel ne fût pas identifiée. Les objets obtenus lors de la première et la dernière fouille ont pour la plupart
été perdus (Vandenhoute 1973: 10-17; Clist et al. 2015d: 470471). Après quelques études préliminaires (Tourneur 1939; Bequaert 1940; Jadin 1955), Vandenhoute (1973) entreprit une première étude systématique sur le restant du mobilier funéraire déposé au Musée royal de l'Afrique centrale de Tervuren en Belgique.
Bequaert retourne au Bas-Congo en 1950 et même si il est encore concentré sur la préhistoire, il fouille néanmoins plusieurs sites recelant essentiellement de la céramique de l'Âge du Fer au cours de cette mission de près de deux ans dans les provinces actuelles du Kongo-Central et du Bandundu (Bequaert 1956a, 1962). Symptomatiquement, il n'étudie pratiquement pas le matériel récolté à cette occasion et conservé à Tervuren. Il faut attendre le mémoire de Clist (1982) pour avoir un aperçu de l'intérêt de ces recherches ainsi que de celles que Bequaert avait menées à la même époque dans la province limitrophe du Bandundu, plus précisément autour de Dinga et de Mukila au sud de Kenge (Bequaert 1955, 1956a, b). Plus tard des récoltes de surface y ont aussi été menées (de Maret 1972), tout comme des fouilles au site de Mashita Mbanza au sud de Kikwit (de Maret \& Clist 1985), dont la céramique datée des 16^e-17^e siècles ne s'apparente pas aux productions du Bas-Congo de la même époque (Pierot 1987). | Chapitre 2 | Historique des recherches archéologiques | [
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[Chapitre 2 | Historique des recherches archéologiques]
C'est aussi à partir de 1938 qu'un missionnaire hollandais, Hendrik van Moorsel, enseignant dans le secondaire et archéologue amateur, commence à parcourir la plaine de Kinshasa et à y étudier une série de sites archéologiques aussi bien des Âges de la Pierre que de l'Âge du Fer (Van Moorsel 1944, 1945, 1947). Grâce à un petit subside, il entreprend en 1948 une série de fouilles, notamment à Kingabwa, sur les rives du Pool à Kinshasa. Là, il récolte une céramique abondante et identifie le site comme l'ancien village du chef teke Ngobila, un des principaux opposants du duc de Nsundi. C'était une importante agglomération localisée au bord du Pool et visitée par le Capucin Jérôme de Montesarchio au 17^e siècle (Van Moorsel 1968: 223-277 ; voir aussi Clist et al. 2015c: 379-380).
Au Bas-Congo, c'est un géologue, Georges Mortelmans qui se met à sillonner la région en 1957-1958 en vue de préparer le IVe Congrès Panafricain de Préhistoire et de l'Etude du Quaternaire qui devait être organisé à Kinshasa (Léopoldville) en 1959. Grâce notamment aux indications de quelques missionnaires, dont surtout Joseph De Munck, il explore diverses cavités autour de Thysville, dont Dimba et Ngovo, et dans le massif de Lovo, Mbafu. Il les étudie et présentera les résultats de ses recherches au Congrès de Léopoldville. Mbafu est une grotte ornée de peintures qu'il pense pouvoir attribuer en partie à la première évangélisation du royaume Kongo (Mortelmans \& Monteyne 1962). Dans la grotte de Dimba, comme dans les deux autres, il recueille en surface de nombreux tessons, certains richement décorés. Il croit pouvoir y reconnaître six groupes, auxquels il attribue des numéros de I à VI. Sur base de concrétions déposées sur ces tessons, il propose de classer chronologiquement ces groupes, le Groupe VI en étant quasi dépourvu
, auxquels il attribue des numéros de I à VI. Sur base de concrétions déposées sur ces tessons, il propose de classer chronologiquement ces groupes, le Groupe VI en étant quasi dépourvu, lui apparaissant par conséquent comme le plus récent (Mortelmans 1962). En dehors de quelques mentions de poteries découvertes çà et là dans la province (Hasse 1936; Bequaert 1948; Van Moorsel 1948), Mortelmans est le premier à mener des recherches quelque peu systématiques sur la céramique de la région.
Déposée au musée de Tervuren, sa collection de céramique y rejoindra d'autres tessons récoltés antérieurement, parfois dans les mêmes grottes. L'ensemble sera réétudié en détail (de Maret 1972) et des sondages effectués ultérieurement à Dimba et Ngovo permettront de montrer que la céramique du Groupe VI est associée à des haches polies et peut être datée par le radiocarbone de 2145-2035 bp, soit entre 360 BC et AD 130 (de Maret 1975a). Par la suite, la céramique de ce groupe sera recueillie sur une assez grande zone, datée de façon convergente comme étant une des plus, si pas la plus ancienne, et en conséquence rebaptisée groupe de Ngovo (de Maret 1986). Ce n'est pas avant les années 1970 que des programmes de fouille commencent à cibler spécifiquement l'apparition des premiers villageois et la diffusion des technologies comme la poterie et la métallurgie du fer (p. ex. Cahen 1981; de Maret 1986). Voir de Maret (1982b, 1982a), Clist (1991a, 1991b) et Lanfranchi \& Clist (1991a) pour des synthèses régionales relatives à cette époque.
Pour les autres groupes distingués par Mortelmans, leur réexamen permet dans un premier temps d'en faire la répartition dans l'espace à défaut de pouvoir les dater ou même les placer dans une chronologie relative. Si le Groupe I, aux formes et aux décors très particuliers reste peu répandu, le Groupe II retient l'attention par la richesse de son décor et une distribution assez large. Manifestement inspirée des motifs décoratifs résultant du tissage ou de la vannerie, sa décoration suit des canons stricts et est réalisées en une succession d'étapes ordonnées systématiquement (de Maret 1972: 43-54).
Le Groupe III de Mortelmans, constitué de seulement deux récipients qui s'avèrent des copies grossières de ceux du Groupe II, seront par conséquent intégrés dans le Groupe II. Un nouveau Groupe III est alors créé pour une série de pots assez larges, aux cols très évasés et attestés en de nombreuses localités.
Les Groupes IV et V, représentés par seulement quelques récipients, apparaissent eux comme restant assez isolés.
Les Groupes IV et V, représentés par seulement quelques récipients, apparaissent eux comme restant assez isolés.
Par contre, deux nouveaux groupes sont proposés : le groupe Kay Ladio pour les céramiques épaisses, de grandes dimensions et aux décors couvrants, constitués de multiples traits entrecroisés. Cette céramique apparaît par sa texture et son altération plus ancienne que celle des autres groupes. L'autre nouveau groupe, celui de Kanda Kumbi, paraît quant à lui assez récent et est composé de petits pots globuleux aux parois d'une pâte claire et fine (de Maret 1972).
Suite à cette remise en ordre réalisée sur les collections du Musée royal de l'Afrique centrale de Tervuren, deux campagnes de prospections et de sondages sont réalisées en 1972 et 1973 dans cette partie du Bas-Congo (Cahen \& de Maret 1974). Elles permettent de dater le Groupe VI, d'y associer des outils polis et d'enrichir les zones de distributions des différents groupes céramiques. Elles permettent aussi de visiter et de découvrir une série de cavités ornées de peintures essentiellement concentrées dans la zone de Lovo, à proximité de Mbafu.
La localité de Mbanza Nsundi est également visitée par le père Joseph De Munck et Pierre de Maret, et après de nombreuses
palabres, une série de tombes dites «princières» sont même retrouvées en brousse, mais les conflits entre les différents clans locaux font obstacle à toute recherche plus approfondie cette année-là.
De même, dans la zone du site éponyme de Kay Ladio, les prospections ne permettent pas de trouver autre chose que quelques rares tessons sur la rive du fleuve, ni d'ailleurs aucun site, ni de l'Âge du Fer Ancien, ni de l'époque du royaume Kongo.
En outre, les sondages entrepris dans la douzaine de cavités prospectées indiquent que les dépôts, peu profonds, s'avèrent fortement perturbés (de Maret et al. 1977).
En conséquence, l'attention se reporte sur un important niveau d'occupation avec de la céramique mise à jour par la reprise des fouilles sur les niveaux préhistoriques de la pointe de Kalina/Gombe à Kinshasa. Le décapage de ce niveau sur une large surface livrera une grande quantité de tessons, des foyers et de multiples fosses (Cahen 1976; de Maret 1990b; de Maret \& Stainier 1999: 116-117).
Quelques sondages sont aussi effectués cette même année 1973 au site de Kingabwa (Cahen 1981), fouillé précédemment par van Moorsel, dans le but de tenter de dater ce dépôt attribué à l'époque du royaume et décrit par Montesarchio (Van Moorsel 1968: 223-277). Recouvert d'immondices, le site se révèle fortement perturbé. Le matériel céramique recueilli est daté néanmoins de AD 1437-1952 (Cahen 1981) et ce qui est conservé au Musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren est étudié plus tard par Rochette (1989).
Reprenant le matériel céramique récolté par Bequaert, au nord du fleuve, principalement au cours de fouilles à Sumbi, Kindu et Mantsetsi, ainsi qu'au sud du fleuve à Kongo-diaVanga, Clist (1982) revoit et précise les caractéristiques et la distribution des groupes II, VI et Kay Ladio. Il propose la création d'un groupe de Sumbi et, par la suite, il propose de transformer le Groupe II en Groupe de Mbafu (Clist 2012a). | Chapitre 2 | Historique des recherches archéologiques | [
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[Chapitre 2 | Historique des recherches archéologiques]
En 1980, une nouvelle mission de prospections archéologiques est effectuée en collaboration avec l'Institut des Musées Nationaux du Zaïre dans la région de Boma pour examiner des cimetières Kongo des derniers siècles. L'île aux Princes, en face de Boma est également visitée et un site avec de la céramique fait l'objet d'un sondage sur la rive du fleuve à Boma (Cahen 1981; de Maret 1981). Un des buts de cette mission était de tenter de trouver des sites aux alentours de Kay Ladio à proximité du séminaire de Kibula afin de pouvoir dater et étudier la céramique du groupe du même nom dont on pensait qu'elle pouvait être de l'Âge du Fer Ancien. Malheureusement, cette année-là, la brousse n'avait pas encore brulé à la saison de la mission. De ce fait, une nouvelle mission de prospection dans la région de Kay Ladio fut organisée quatre ans plus tard en 1984. Elle aboutit à la découverte du site de Sakuzi (de Maret \& Clist 1985). Là, sur le sommet d'une colline à proximité du fleuve une série de fosses, partiellement vidangées par l'érosion, recelaient de la céramique de différents groupes notamment des groupes VI/ Ngovo daté entre 390 BC et AD 10
, partiellement vidangées par l'érosion, recelaient de la céramique de différents groupes notamment des groupes VI/ Ngovo daté entre 390 BC et AD 10, Kay Ladio daté entre AD 60 et AD 330 et ce qui apparaît comme un groupe nouveau dénommé Groupe de Sakuzi, répartis dans un premier temps
en deux types distincts, datés respectivement entre 400 et 370 BC et entre 340 et 90 BC . Une fosse avec une céramique différente du reste donna une date surprenante de 19101950 BC (Gosselain 1988). En 1986, une mission de l'Institut des Musées Nationaux visite la zone de Mwanda où des fouilles sont effectuées à Ngoyo et à Kivela qui résultent en la découverte de couches historiques avec du matériel européen importé et des vestiges plus anciens non datés (Kanimba Misago 1987).
En raison de la détérioration de la situation économique et politique dans la région, les recherches archéologiques furent ensuite interrompues jusqu'en 2007. Cette annéelà, Geoffroy Heimlich reprend l'étude de l'art rupestre du massif de Lovo. Au cours de quatre missions successives qui s'échelonneront jusqu'en 2011, il se livre à un relevé minutieux d'une série de cavités ornées. Il réussit pour la première fois à dater par le radiocarbone plusieurs dessins, notamment de croix portugaises entre AD 1729 et 1804, d'autres motifs s'étalent entre AD 1271 et 1799 et même pour un entre AD 652 et 859 , tandis que divers objets rituels trouvés dans une anfractuosité ont pu être datés entre AD 1640 et 1945 (Heimlich 2014, 2016). Heimlich a donc fait significativement progresser nos connaissances sur l'art rupestre qui avait été signalé au Bas-Congo dès 1936 (De Munck et al. 1959; Nenquin 1959; Mortelmans \& Monteyne 1962; Raymaekers \& Van Moorsel 1964; de Maret 1982d; Loumpet-Galitzine 1994).
Dernièrement, et c'est ce qui fait l'objet de cet ouvrage, il a été possible de mener de 2012 à 2015 de nouvelles et importantes campagnes de recherches archéologiques au Bas-Congo dans le cadre du projet KongoKing relatées dans une série de rapports annuels (Clist et al. 2013a; Clist et al. 2013b; Clist et al. 2014; Kaumba 2014; Matonda et al. 2014; Clist et al. 2015a; Kaumba 2015), dans plusieurs articles (Bostoen et al. 2014; Clist et al. 2015b; Clist et al. 2015c; Clist et al. 2015d; Matonda et al. 2015; Clist 2016) et dans des études spécifiques sur les perles en verre importées d'Europe (Verhaeghe et al. 2014; Rousaki et al. 2016; Coccato et al. 2017).
Quant aux régions limitrophes au Bas-Congo qui faisaient anciennement partie des territoires du royaume Kongo, à savoir le nord de l'Angola et le sud du Congo-Brazzaville, nous nous limitons dans ce travail à l'historique des recherches archéologiques en relation directe avec cet ancien Etat. Pour les autres périodes, nous renvoyons le lecteur à des synthèses existantes (Clist \& Lanfranchi 1988; Clist 1991a, b; Clist \& Lanfranchi 1991; Lanfranchi 1991a, d, e, b; Lanfranchi \& Clist 1991b; Ramos 1991b, a; Clist \& Lanfranchi 1992; Clist 2012a: 177-184; de Maret 2013b: 876-878; de Maret 2013a: 631-635; Bostoen et al. 2015b: 362-364).
En ce qui concerne l'Angola, la capitale du royaume, Mbanza Kongo, a fait l'objet d'une première série de recherches archéologiques entre 1966 et 1970. Ces fouilles de sauvetage ont ciblé plusieurs sites, dont le palais royal, un couvent, une muraille et diverses fondations et elles ont résulté notamment en la découverte des restes de squelettes humains, des grains de chapelet, des pipes en argile cuite, de deux pièces de monnaies de cuivre (datées 1873 et 1892), d'un collier, de bracelets, de deux cordelières en or et en argent (Esteves 1989). Pour les recherches archéologiques
menées à Mbanza Kongo depuis 2011 en vue de l'inscription du site sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, nous renvoyons le lecteur à l'introduction du présent livre.
menées à Mbanza Kongo depuis 2011 en vue de l'inscription du site sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, nous renvoyons le lecteur à l'introduction du présent livre.
En dehors de la capitale du royaume, mentionnons aussi les fouilles entreprises en 1980 à Mbanza Soyo, la capitale de la province du Soyo au sud de l'embouchure du Congo, et de 2004 à 2007 sur le site de Cabolombo au sud de Luanda. A Mbanza Soyo, au site de Mpangala I, une surface de 25 ~m^2 a été ouverte et des céramiques de l'Âge du Fer Récent ont été découvertes. Lors de cette même campagne, le cimetière dit « des ducs de Soyo », à 15 km de Mbanza Soyo, a été exploré sur une surface de 32 ~m^2 et une tombe y a été ouverte entièrement (Souindoula 1982; Abranches 1991; Souindoula 1992). A Cabolombo (anciennement Benfica), surtout connu pour ses restes de l'Âge du Fer Ancien, des couches contemporaines du royaume Kongo ont été étudiées et ont livrés des fragments de poteries et de pipes (Valdeyron \& Da Silva Domingos 2009: 116-119, 2011 : 123-131).
En République du Congo, Jean-Pierre Emphoux est en 1964 le premier à fouiller un site associé à l'Âge du Fer Récent, à savoir le village de Mafamba où deux couches distinctes contenant de la poterie ont été relevées avec de nombreuses pipes en terre cuite dans la couche supérieure (Emphoux 1965, 1982), qui a été datée de 1660 à 1950 AD (Pinçon 1991b). Au cours de ses travaux au Congo, Emphoux prospecte aussi avec Jan Vansina Mbè-Nkulu, l'ancienne capitale du royaume Teke, où ils noteront la présence de tumuli interprétés comme des sépultures (Emphoux 1982: 135-137), bien qu'il pourrait s'agir aussi d'accumulations détritiques successives qui créent, au fil des années, des tumuli comme à Mashita Mbanza (de Maret \& Clist 1985; Pierot 1987).
Dans la couche superficielle de l'abri-sous-roche de Ntadi Yomba, de Bayle des Hermens \& Lanfranchi (1978) ont découvert des fragments de pipes et des tessons datés des 17^e-18^e siècles, dont certains décorés, qui possèdent des similitudes avec la poterie des Groupes de Mbafu et de Sumbi au Bas-Congo (Clist 1982, 2012a). Dans le même secteur, Lanfranchi (1985) signale aussi la découverte de céramiques dans les abris de Ku Malende III, Ntadi Ndinga et Nkila-Ntari. Lanfranchi (1979) rapporte plusieurs tombes du début du 19^e siècle fouillées en sauvetage dans l'enceinte du monastère de Bouansa, dont une inhumation en position assise dans la fosse sépulcrale accompagnée de quelques objets en fer et
une tombe d'enfant déposé dans un grand vase accompagné de quelques objets en fer. Elles seraient toutes à mettre en relation avec la flambée de la maladie du sommeil due au chemin des caravanes. | Chapitre 2 | Historique des recherches archéologiques | [
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[Chapitre 2 | Historique des recherches archéologiques]
une tombe d'enfant déposé dans un grand vase accompagné de quelques objets en fer. Elles seraient toutes à mettre en relation avec la flambée de la maladie du sommeil due au chemin des caravanes.
En 1987 et 1988, James Denbow effectue d'importantes fouilles de sauvetage sur les berges du Kouilou au nord de Pointe-Noire qui aboutissent à la découverte des premiers gisements «néolithiques » et Âge du Fer Ancien au Congo. Toutefois, quelques vestiges se rapportent à la période récente, comme les sites de Conde et de Loubanzi dont le dernier contient des poteries, du fer et du cuivre (Denbow 1990a, 2012, 2014). A Ganda-Kimpese, près de Les Sarahs, deux fours de réduction du fer ont été datés et leur structure fouillée (Schwartz et al. 1991).
Plusieurs sites de réduction du fer et du cuivre ont aussi été fouillés et datés dans la moyenne vallée du Niari : MpassaFerme (Lanfranchi \& Manima Moubouha 1984), Moubiri (Manima Moubouha 1987) et Tsabouka (Manima Moubouha \& Sanviti 1988). Ces recherches situent le travail du fer entre les 11^e et 15^e siècles et celui du cuivre au 13^e-14^e siècle, ce qui correspond à la chronologie dans la région de Brazzaville (Dupré \& Pinçon 1997).
Bruno Pinçon a été le premier à s'intéresser systématiquement aux productions céramiques anciennes dans la zone du fleuve, mais en se concentrant avant tout sur l'aire Teke et sur la production métallurgique (Pinçon 1990, 1991b; Dupré \& Pinçon 1997). Il identifie quatre faciés du Groupe X du BasCongo (de Maret \& Stainier 1999) : (1) X1 représenté par le site daté de Mafamba (cf. supra), (2) X2 qui serait une importation des productions de l'amont du fleuve, (3) X3 qui serait une poterie teke locale produite le long du fleuve et exportée jusque sur le plateau de Mbé dont la production se serait arrêtée avant 1800, (4) X4 interprété comme une évolution du X3 faisant la jonction avec les productions plus récentes (Pinçon 1988; Pinçon \& Ngoïe-Ngalla 1990; Dupré \& Pinçon 1997). Mentionnons aussi les recherches de Mpika (2004) dont les résultats ont malheureusement été fortement compromis par la guerre civile qui régnait à l'époque.
Enfin, en République du Congo, des travaux se focalisant sur la métallurgie du cuivre ont été réalisés depuis 2013 en collaboration avec le projet KongoKing (Nikis et al. 2013; Nikis \& Champion 2014; Nikis \& De Putter 2015). | Chapitre 2 | Historique des recherches archéologiques | [
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[Chapitre 3 | Le milieu physique]
Chapitre 3
Le milieu physique
Pierre de Maret et Luc Tack
L'ancien royaume Kongo s'est développé le long de la côte atlantique à cheval entre deux pays, l'Angola et la République démocratique du Congo, dans une zone comprise approximativement entre le fleuve Congo au nord, le fleuve Dande au sud et, à son extension maximum vers l'est, la rivière Kwango.
A son apogée, ce royaume s'étendait, d'après nos calculs, sur plus de 210.000 ~km^2, soit l'équivalent des surfaces de l'Angleterre et de l'Ecosse réunies. Du point de vue morphologique, ce vaste territoire présente des paysages contrastés. On peut y distinguer trois zones relativement parallèles (Thornton 1983: 3-14; Hilton 1985: 1-5 + carte 2).
Le long du littoral s'étend une plaine côtière, ne dépassant pas une centaine de kilomètres de largeur. Sableuse et peu fertile, elle est recouverte d'une savane parcourue par une série de petits fleuves bordés d'un fin ruban de végétation. Dans le sud de cette zone côtière, où les pluies sont faibles et irrégulières, la population s'est concentrée sur de petites collines non loin de ces cours d'eau. La partie nord de cette zone est mieux arrosée et donc plus favorable à l'agriculture. C'est là, à proximité de l'estuaire du Congo, que se situait la province de Soyo du royaume (Thornton 1983: 8,10-12).
Dans la partie centrale du royaume Kongo, on rencontre une série de collines ondulant entre 500 et 1000 m d'altitude. Cette zone est la plus propice à l'agriculture grâce à son sol relativement fertile et à un régime de précipitations favorable. C'est, par conséquent, la partie la plus densément peuplée, de nos jours comme probablement aux temps anciens. La capitale du royaume, Mbanza Kongo, se trouvait au cœur de cette région, sur une éminence calcaire qui, à 600 m d'altitude, domine les environs.
Cette zone centrale est bordée à l'est par une série d'escarpements et de chaînes montagneuses qui, culminant à 1500 m , forment la limite occidentale des hauts plateaux continentaux du Kwango. Sableux et peu fertiles, ils sont beaucoup moins peuplés. Ces reliefs sont entaillés par une série de vallées parallèles, souvent encaissées, et dont les rivières coulent vers le nord pour aller se jeter dans le fleuve Congo. C'est dans ces vallées que se regroupent l'essentiel de la faible population de ces plateaux.
Au contact entre les hauts plateaux et la zone mollement ondulée des collines de moyenne altitude, les vallées fertiles ont attiré depuis longtemps les populations. C'est particulièrement le cas de la vallée de l'Inkisi qui draine la population de trois des plus importantes anciennes provinces du royaume : Mbata, Mpangu et Nsundi (Thornton 1983: 4). C'est là que nos recherches archéologiques se sont concentrées. | Chapitre 3 | Le milieu physique | [
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[Chapitre 3 | Le milieu physique | 3.1 Géologie]
3.1 Géologie
Du point de vue géologique (Figure 3.1), la région dans laquelle s'est développé le royaume Kongo est formée d'une succession d'anciens terrains («soubassement ») dont la complexité des processus géologiques, la diversité des roches (métamorphiques, magmatiques, sédimentaires) et l'âge des formations géologiques augmentent d'est en ouest.
Ce soubassement d'âge précambrien a été soumis à deux orogenèses, dont la plus récente, l'orogenèse ouestcongolienne (pan-africaine) - qui reprend les roches formées lors de l'orogenèse éburnéenne plus ancienne (2.1 milliards d'années) - est datée de 585 à 530 millions d'années (Lepersonne 1974; Cahen et al. 1984; Tack et al. 2001; Tack et al. 2004; Frimmel et al. 2006; Pedrosa-Soares et al. 2008; Baudet et al. 2013a; Kant-Kabalu et al. 2016; Tack et al. 2016). Ce soubassement ou chaîne ouest-congolienne comme sa continuation au Brésil (chaîne Araçuai) constituent ensemble l'orogène Araçuai - Ouest Congo formé lors de l'amalgamation du Supercontinent Gondwana vers 550 millions d'années (Pedrosa-Soares et al. 2008).
Tant à l'ouest qu'à l'est du soubassement, des formations post-précambriennes, dites de «couverture», affleurent en couches subhorizontales et appartiennent au Mésozoïque et au Cénozoïque (Lepersonne 1974). A l'ouest, dans la région de la zone côtière, ces couches sont marines et liées à l'ouverture de l'Océan Atlantique à partir du Crétacique à la suite de la rupture du Supercontinent de la Pangée incorporant ellemême le Gondwana. A l'est, les couches des hauts plateaux du Kwango sont d'origine continentale et liées à l'évolution géologique de la Cuvette du Congo (Kadima et al. 2011).
La partie du soubassement du bassin de l'Inkisi, qui nous intéresse plus particulièrement ici, est formée de couches subtabulaires de roches sédimentaires indurées de nature principalement silicoclastique (" schisto-gréseux ») avec à la base des couches schisto-carbonatées. Ces couches comportent quatre unités lithostratigraphiques superposées dont la terminologie de Ladmirant (1971) et Lepersonne (1973) - quoique actuellement obsolète - a été maintenue cidessous, puisque sa discussion dépasse largement le cadre de ce volume (Kant-Kabalu et al. 2016). Du plus ancien au plus jeune, la succession comporte les unités suivantes:
1. Le «Système» du Schisto-Calcaire dont la partie supérieure est constitué de «l'étage» du Bangu (CIII de la carte géologique). Il est composé principalement de diverses roches carbonatées.
2. La «Série» de la Mfidi, connue uniquement sur la rive droite de la rivière Inkisi et principalement dans le bassin de son affluent droit, la Mfidi. Elle comporte
2. La «Série» de la Mfidi, connue uniquement sur la rive droite de la rivière Inkisi et principalement dans le bassin de son affluent droit, la Mfidi. Elle comporte
Figure 3.1. Carte géologique de synthèse du Kongo-Central: la série de l'Inkisi est en jaune foncé, celles de la Mpioka et de la Mfidi en brun et le schisto-calcaire (Lukala) est en bleu
des quartzites feldspathiques ainsi que des grès et des schistes gris-verts.
3. La «Série» de la Mpioka, localisée uniquement sur la rive droite de l'Inkisi où alternent des schistes et des quartzites feldspathiques.
4. La «Série» de l'Inkisi, comportant des arkoses quartzitiques conglomératiques ainsi que des schistes et des quartzites feldspathiques. Contrairement aux trois premières unités sous-jacentes d'âge précambrien, la « Série » de l'Inkisi est d'âge paléozoïque (Alvarez et al. 1995; Tack et al. 2008).
En ce qui concerne les deux principaux sites archéologiques dont il est question dans ce volume, le site de Kindoki se trouve sur une formation de sable gris clair plio-pléistocène (couverture continentale) reposant sur des alluvions de moyennes terrasses. En contrebas apparaît le «Système» du Schisto-Calcaire, et plus particulièrement les niveaux de calcaires supérieurs à CSb (marqué C5 sup.b sur la carte) (Ladmirant 1971).
Le site de Ngongo Mbata est situé sur des sables qui masquent les grès tendres du Crétacique indifférencié (Cc) (couverture continentale). Ils surplombent des quartzites feldspatiques rouge de la «Série» de la Mpioka (P) qui forment le versant ouest du plateau de Sabala que gravit la piste venant de Kimpangu.
Le paysage développé sur le substrat géologique est drapé, dans la plupart des cas, y compris sur les sommets de collines, de formations superficielles comprenant un Horizon de Couverture ne dépassant pas quelques mètres d'épaisseur qui coiffe la Stone Line. La formation de cet Horizon, d'aspect homogène, de couleur jaunâtre, ocre à rougeâtre et de texture argileuse à sableuse, est attribuée à une crise environnementale majeure ayant affecté l'Afrique centrale il y a seulement quelques 3000 à 2000 ans (Holocène supérieur). Une origine éolienne a été suggérée pour cet Horizon (Thiéblemont 2013; Thiéblemont et al. 2013; Thiéblemont et al. 2014c). Toutefois, cette interprétation de l'origine de cet Horizon de Couverture très important pour la préhistoire ne fait pas encore l'unanimité (Maley et al. 2014; Schwartz 2014; Thiéblemont et al. 2014b, a).
Enfin, certains matériaux géologiques présents dans le royaume Kongo retiendront en particulier l'attention du point de vue archéologique :
1. abondance d'argiles à poteries ainsi que de quartzites, cherts et quartz livrant la matière première pour les industries lithiques ;
1. abondance d'argiles à poteries ainsi que de quartzites, cherts et quartz livrant la matière première pour les industries lithiques ;
2. ressources plus localisées mais néanmoins présentes en fer, cuivre, plomb, zinc pouvant être utilisées pour le développement de métallurgies anciennes ;
3. abris-sous-roche, cavernes, voire même grottes, développées en particulier dans les roches calcaires ayant pu servir comme refuge ou pour des rituels. | Chapitre 3 | Le milieu physique | 3.1 Géologie | [
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[Chapitre 3 | Le milieu physique | 3.2 Orographie]
3.2 Orographie
La région du royaume Kongo est marquée par le peu d'études récentes sur l'évolution du relief (Nicolaï 1961; Gérards 1964; Ladmirant 1971; Lepersonne 1973). Toutefois, les
géomorphologues s'accordent actuellement sur le fait que le relief résulte de l'interaction de forces terrestres externes et internes s'affrontant au fil des temps géologiques.
Les forces externes, liées au (paléo)climat, s'expriment à travers un cycle d'altérations chimiques et d'érosions physiques des diverses roches en surface. Le relief qui en résulte se caractérise par le développement d'une surface d'aplanissement ou paléosurface. Sous climat chaud et humide un tel cycle conduit à la formation d'une cuirasse latéritique.
Les forces internes relèvent du domaine de la tectonique des plaques. Elles se marquent par des réactivations de zones de faiblesse dans le substrat géologique. Les failles qui en résultent sont généralement agencées « en touches de piano » : certains compartiments géologiques sont remontés le long de ces failles par rapport à d'autres affaissés. Le relief est donc rajeuni. Il peut éventuellement affecter une surface d'aplanissement formée antérieurement.
Dans la région du royaume Kongo, l'ouverture de l'océan Atlantique au Crétacique s'est accompagnée de pulsations épisodiques de réactivation rajeunissant le relief (Tack et al. 2016). Au moins une paléosurface à cuirasse latéritique d'âge pré-Miocène a donc été pour une large partie démantelée. On en observe encore les témoins dans les «plateaux» respectivement de Gimbi, Sumbi et Kasi. Souvent, les formes de relief sont fortement rajeunies et se marquent par des régions portées en altitude : «plateau» du Bangu-Manyanga (ou des Cataractes) (Van Kerschaver 1983), «crête» de Mbanza Ngungu avec ses grottes calcaires (Quinif 1985; p.ex. celle de Ngovo ; de Maret 1986), karst ruiniforme de Lovo (Heimlich et al. 2013), « massif» de la Sansikwa. Par ces remontées tectoniques, le réseau hydrographique - lui aussi «rajeuni» - acquiert un pouvoir érosif intense. C'est le cas du fleuve Congo, en particulier dans la région des Monts de Cristal, où il est marqué par de multiples rapides spectaculaires et s'adapte en zigzag aux principales structures du substrat géologique. Le relief y est accidenté et a de nombreuses collines.
Dans la région du bassin de l'Inkisi, le relief se manifeste d'est en ouest par la succession suivante (Ladmirant 1971; Lepersonne 1973):
1. La haute surface tabulaire du plateau du Kwango comportant la formation des grès polymorphes surmontée par celle des sables ocres. Atteignant 1000 m d'altitude, sa surface plane s'abaisse insensiblement vers le nord, tandis que vers l'ouest une falaise sinueuse en marque la bordure. Elle surplombe d'environ 250 m de hauteur une série d'aplanissements d'érosion par lesquels débute la vaste zone de collines qui a constitué la partie centrale du royaume. Le paysage est marqué ici par un réseau hydrographique dense, encaissé de 50 à 100 m et des collines dont l'altitude moyenne est de 750 m .
2. En descendant du pied de la falaise vers la vallée de l'Inkisi on rencontre d'abord un aplanissement dénommé « aplanissement du bassin de la haute Lukunga ». Considéré d'âge fin tertiaire, il a une altitude moyenne décroissante, de 675 à 625 m au nord où il se prolonge par l'imposant plateau du Bangu. Localement, cet aplanissement, caractérisé par une
couche peu épaisse de graviers, porte des collines hautes d'une centaine de mètres, constituées de sable plus ou moins argileux avec gravier à la base. On note, en particulier, deux ensembles orientés nord/nord-est, un le long de la partie amont de la Lukunga et l'autre situé à une dizaine de kilomètres à l'est de Ngidinga. Environ 75 m en contrebas de l'aplanissement du bassin de la Haute Lukunga s'étend, sur la formation schistocalcaire qu'elle a nivelée, une surface intermédiaire caractérisée par une cuirasse à grenailles limonitique dont l'épaisseur varie de 0,3 à 1 m .
3. Enfin, un troisième niveau d'aplanissement, 150 m plus bas au sud et 75 m au nord à la confluence avec le fleuve, correspond à la plaine de l'Inkisi en aval des gorges de celle-ci.
A l'ouest de l'Inkisi, la crête de Mbanza Ngungu orientée sud-est nord-ouest, forme la ligne de partage des eaux entre les bassins du Kwilu à l'ouest et de l'Inkisi à l'est. Elle divise en deux une vaste dépression schisto-calcaire à nombreux phénomènes karstiques (Quinif 1985). | Chapitre 3 | Le milieu physique | 3.2 Orographie | [
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[Chapitre 3 | Le milieu physique | 3.3 Hydrographie]
3.3 Hydrographie
La zone côtière est traversée de petits fleuves qui coulent d'est en ouest. Elle est coupée au nord par le vaste estuaire du Congo qui se prolonge au large en un canyon sous-marin qui se termine par un important cône de déjection (Savoye et al. 2009). L'estuaire s'ouvre à la navigation jusqu'à quelques 160 km de la côte. D'abord et jusqu'à Boma, il divague et est parsemé d'îles, puis il se rétrécit en chenal encaissé tout en restant navigable jusqu'aux rapides de Yelala près de Vivi, un peu en amont de Matadi (Steenstra 1988). C'est là qu'en 1485, le navigateur portugais Diogo Cão s'arrêta dans sa remontée du fleuve lors de son second voyage et fit graver un rocher pour marquer son passage.
Au-delà, et jusqu'à Kinshasa et le Pool, le fleuve est barré par une série de trente-deux chutes et rapides qui ne laissent entre eux qu'une série de petits biefs régulés. Ceux-ci ne sont navigables que sur de courtes distances, sauf entre Isangila et Manyanga où 175 km s'offrent à la navigation. Sur ce bief, la largeur du fleuve atteint 2500 m alors qu'en amont, dans sa traversée torrentueuse du Plateau des Cataractes, sa largeur ne dépasse pas 1200 m (Gérards 1964: 21). En amont de Kinshasa, par contre, le fleuve Congo forme une formidable artère fluviale navigable sur 1734 km jusqu'à l'actuelle ville de Kinsagani.
Le débit du fleuve à Kinshasa peut varier d'un minimum de 21.400 ~m^3 par seconde en juillet jusqu'à un maximum historique de 74.000 ~m^3 / s en novembre 1961, avec un débit moyen de l'ordre de 38.000 ~m^3 / s. Le Congo connaît deux crues par an, une grande crue qui d'octobre culmine généralement en décembre, suivie d'une décrue jusqu'en mars. Le niveau remonte légèrement en mai, puis c'est la décrue jusqu'en octobre (Bultot \& Dupriez 1987; Nicolaï et al. 1994: 135-138).
En aval de Kinshasa, les nombreux affluents du fleuve dans sa traversée du Plateau des Cataractes sont suspendus avec des rapides et des chutes à proximité de leur confluence (Gérards 1964: 21). L'Inkisi, principal affluent de la rive gauche, en offre un bel exemple à Zongo. D'une largeur moyenne d'environ 100 m à proximité de cette confluence avec le fleuve, l'Inkisi
s'écoule du sud vers le nord sur plus de 300 km . Elle prend sa source à proximité de la frontière méridionale du royaume à l'époque de son extension maximum.
s'écoule du sud vers le nord sur plus de 300 km . Elle prend sa source à proximité de la frontière méridionale du royaume à l'époque de son extension maximum.
L'Inkisi et ses affluents principaux ont creusé des vallées dont le fond est occupé par une plaine alluviale souvent étroite bordées de niveaux de terrasses recouvertes de plusieurs mètres de gravier et de limon assez fertiles (Ladmirant 1971: 21). Cette rivière offre un bief régularisé et navigable entre ses gorges près de la frontière angolaise, où se trouve le site archéologique de Ngongo Mbata, et les chutes de Zongo. C'est à ce dernier endroit qu'elle se jette dans le fleuve Congo. Son débit moyen est de l'ordre de 300 ~m^3 / s avec une crue qui culmine en décembre, et une seconde, plus importante, de l'ordre de 700 ~m^3 / s en avril, avec en saison sèche un étiage très prononcé pouvant descendre sous 100 ~m^3 / s (Fahem 1983: 13).
Toujours sur la rive sud du fleuve, mais plus en aval, les affluents principaux sont la Lukunga qui longe le bord occidental du Plateau du Bangu (à ne pas confondre avec une autre Lukunga qui coule entre la Nsele et l'Inkisi) et surtout le Kwilu qui, prenant sa source en Angola, décrit un vaste coude, pour contourner l'extrémité sud du massif du Bangu avant de repartir vers le nord-ouest pour se jeter dans le fleuve. Le Kwilu et ses affluents forment par endroits de vastes plaines alluviales fertiles.
Il faut encore mentionner deux autres affluents gauches importants du fleuve avant le début de l'estuaire, la Lufu et la Mpozo dont les cours supérieurs passent de part et d'autre de Mbanza Kongo.
Sur la rive droite du fleuve, les rivières principales sont successivement la Fulakazi, la Yambi, la Luala et la Luozi. | Chapitre 3 | Le milieu physique | 3.3 Hydrographie | [
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[Chapitre 3 | Le milieu physique | 3.4 Pédologie]
3.4 Pédologie
Les sols, acides et lessivés par l'altération intense, sont souvent pauvres et parfois intensément érodés en surface. A l'exception des alluvions, ils se sont développés surl'Horizon de Couverture ou sur des pentes de rajeunissement caractérisées par une reprise de l'altération du substrat géologique. Les sols ont été étudiés par Stoops (1967) et Baert (1991). Dans la zone à roches schisto-calcaire et schisto-gréseuse (bassin de l'Inkisi), les sols sont argileux, ferralitiques, jaunes ou bruns clairs et moyennement à peu fertiles.
Les sommets de collines, soumis à l'érosion, présentent une fertilité légèrement meilleure, mais seuls les sols jaunes bruns, constitués par les alluvions récentes, argilo-sableux de fond de vallée, présentent une réelle fertilité. C'est pourquoi les plaines alluviales de l'Inkisi, du Kwilu et de la Lukunga sont recherchées des agriculteurs (Gérards 1964: 16-17). Les colluvions à la base du plateau du Bangu sont plus fertiles que dans la dépression schisto-calcaire (Gérards 1964; Stoops 1967; Baert 1991: 17; Wamuini Lunkayilakio 2010). | Chapitre 3 | Le milieu physique | 3.4 Pédologie | [
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[Chapitre 3 | Le milieu physique | 3.5 Climat]
3.5 Climat
Le climat du Bas-Congo est de type tropical soudanien avec une longue saison sèche très marquée de la mi-mai à fin septembre (Robert 1946; Dupriez 1964; Bultot 1971-1976).
La saison des pluies présente deux maxima, en novembre et en avril, avec souvent aux alentours de février une période un peu plus sèche. Si la moyenne annuelle totale des précipitations à Luozi est de 1242 mm , les précipitations sont généralement de courte durée, concentrées sur une dizaine de jours par mois (Nicolaï 1961: 29). Cependant, les dates de début et de fin des saisons sèches et pluvieuses peuvent varier de près de deux mois. En outre, la grande variabilité des pluies d'une année à l'autre, pour un mois donné, pose aussi problème pour l'agriculture (Baert 1991: 4). De même, l'insuffisance des pluies sur la côte, où il tombe moins de 1000 mm par an, explique son sous-peuplement.
La température moyenne annuelle est de l'ordre de 25^\circ C. En saison des pluies, la température moyenne mensuelle ne dépasse guère 28^\circ C et en saison sèche 22^\circ C. Durant cette saison, l'influence du relief se fait sentir plus nettement qu'en saison des pluies. Sur les plateaux, la différence de température atteint souvent 3 degrés, les températures descendant à 18^\circ C ou même parfois aux alentours de 14^\circ C. La condensation qui en résulte provoque fréquemment dans la matinée des brouillards sur la crête de Mbanza Ngungu, le plateau du Bangu et les autres reliefs (Lepersonne 1973: 14-15).
Pour les habitants de la région de l'Inkisi, l'année et donc leur calendrier agricole se divise en quatre saisons :
1. Le début de la saison des pluies, de mi-octobre à mi-janvier, appelée masanza, marquée par de fortes précipitations et par le redémarrage de la végétation. C'est au début de cette période que s'effectuent les semis des cultures annuelles, bisannuelles et pérennes.
2. A la mi-février, on observe généralement, mais pas toujours, un ralentissement des pluies. C'est le moment de la récolte des plantes annuelles, comme les légumineuses, les arachides et le maïs semés à la période précédente. Cette petite saison sèche est appelée kianzu ou kundi.
3. De mars à mi-mai, la pluviosité reprend en intensité pour culminer en avril. On procède à de nouveaux semis durant cette période appelée kintombo.
4. Vers la mi-mai s'installe la grande saison sèche qui va durer jusqu'à la mi-octobre. Le ciel reste généralement couvert et les températures baissent sensiblement. Dans la région on subdivise cette saison en une période froide, sivu (de mi-mai à fin août) suivie d'une période nettement plus chaude, mbangala de septembre à mioctobre (Wamuini Lunkayilakio 2010: 34). C'est à ce moment-là que l'on brûle la brousse. | Chapitre 3 | Le milieu physique | 3.5 Climat | [
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[Chapitre 3 | Le milieu physique | 3.6 Végétation]
3.6 Végétation
Même si toute la flore de la région est de type guinéen, de la forêt dense équatoriale du Mayombe aux formations steppiques du plateau du Kwango, le Bas-Congo est une zone extrêmement hétérogène au point de vue de la végétation en fonction du climat, de la géologie, des sols et de la topographie. Une autre caractéristique de la flore de la région est la large dispersion du nombre de ses éléments, ce qui indique une végétation profondément perturbée par une action anthropique ancienne et façonnée par les modifications paléo-climatiques depuis près de 3.000 ans
(Chapitre 4). Par contre, au cours des dernières décennies, la pression démographique s'intensifiant, les mouvements de populations et les besoins insatiables en combustibles et en denrées diverses de la mégapole qu'est devenue Kinshasa aboutissent à un déboisement effréné et à la mise en cultures de surfaces toujours plus vastes (Schure et al. 2011; Trefon 2011). La description des différentes zones de végétation cidessous appartient donc de plus en plus au passé, mais c'est durant celle-ci que s'est développé le royaume étudié dans cet ouvrage.
Le paysage de la zone des collines centrales était dominé par des savanes herbeuses plus ou moins arbustives entrecoupées de lambeaux forestiers. Ces savanes semblent résulter déjà en bonne partie de l'influence anthropique (déboisement, incendies annuels, mise en culture), car là où elle ne se faisait plus sentir on assistait à une recolonisation par la forêt. Sur les terrains schisto-calcaire et schisto-gréseux, le climat favorisait le développement des savanes guinéennes arbustives (Duvigneaud 1953; Devred 1956; Compère 1970; Pauwels 1993). Sur les fortes pentes au sol argileux et sur les crêtes, des forêts, où Hymenocardia acida Tul. domine, se sont maintenues avec souvent un sous-bois de Marantacées, preuve d'une reprise forestière. On note aussi des forêts secondaires comme celles à Terminalia superba Engl. \& Diels sur le massif du Bangu.
Dans le bassin de l'Inkisi, en fonction des types de sols et de leur niveau de dégradation, correspondent différents types de savanes, herbeuses ou plus arbustives, avec des peuplements de graminées diverses, mais où l'Hyparrhenia diplandra (Hack.) Stapf est la plus répandue, associée à d'autres graminées xérophiles.
On rencontre donc des savanes de plaines alluviales, localisées principalement dans le schisto-calcaire et où la strate herbacée est dominée par des graminées du genre Andropogon, Nephrolepis et Hyparrhenia. Des graminées de haute taille y sont associées : Cenchrus purpureus (Schumach.), Panicum maximum Jacq.
Les collines peu érodées sont couvertes par des savanes à Hyparrhenia diplandra, denses là où le sol est plus profond et frais, et des savanes peu denses sur les sols dégradés par l'érosion, où les graminées sont principalement représentées par les genres Loudetia et Tristachya (Duvigneaud 1953).
Là où les sols sont très érodés et ont été décapés et ravinés par l'érosion, on observe, par contre, des savanes steppiques, dite makanga. La strate herbeuse est alors peu dense, ne dépassant pas 50 cm de hauteur et elle ne comprend alors plus que des espèces xérophiles. Dans les zones les plus érodées, comme sur les collines de grès rouge au sud de Ngidinga, la végétation disparaît presque complètement, seul résiste Trichopteryx fruticulosa Chiov.
Dans la partie sud du bassin et sur les collines de la rive droite de l'Inkisi, sur les sols dérivés des «Séries » de l'Inkisi et de la Mpioka, se sont installées des savanes arbustives avec une strate herbeuse souvent à Loudetia demeusei (De Wild.) C.E. Hubb. et une strate arbustive à Hymenocardia acida, Annona senegalensis Pers., Crossopteryx febrifuga (Afzel. ex G. Don) Benth. et Sarcocephalus latifolius (Sm.) E. A. Bruce (Pauwels 1993).
En bas des pentes et sur les plateaux, là où le sol est plus léger on rencontre une strate herbeuse à Hyparrhenia diplandra, Panicum spp. et Andropogon spp. avec une strate arbustive à Syzygium spp., qui sont des arbustes à feuilles brillantes (Duvigneaud 1949, 1953; Ladmirant 1971: 14-15; Lepersonne 1973; Fahem 1983; Nicolaï et al. 1994: 152-158). Les cours d'eau sont fréquemment bordés de forêts-galeries.
Enfin, le paysage est aussi parsemé de petits bosquets/ boisements d'origine anthropique : les nkunku, établis à proximité des villages et mis en défense pour les protéger des feux de brousse (Butaye 1909;Laman 1936). Ils sont complantés d'arbres fruitiers et de Ficus spp., Bosqueia angolensis Ficalho,
Pentaclethra macrophylla Benth., Croton sylvaticus Hochst., etc. (Compère 1970). Un bel exemple existe au village de Tadi dia Mbele à proximité de Mbanza Mbata à quelques kilomètres de la frontière angolaise. Ils sont bien visibles sur les images satellitaires (Vergaert 2014).
Les mavooka (au pluriel), ailleurs appelés aussi makulu (au pluriel), sont des petits bosquets qui se développent à l'emplacement des anciens villages abandonnés (Butaye 1909; Laman 1936, Vergaert 2014). Un grand nombre d'arbres fruitiers s'y maintiennent. Finalement, lorsque les nkunku ou mavooka sont recolonisés par des essences forestières, cela donne des mazumbu (Wamuini Lunkayilakio 2010: 41-46). | Chapitre 3 | Le milieu physique | 3.6 Végétation | [
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[Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent)]
Chapitre 4
L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent)
Wannes Hubau, John Tshíbamba Mukendi, Bernard Clist, Koen Bostoen et Hans Beeckman
La région qui abritait autrefois le royaume Kongo est caractérisée aujourd'hui par un paysage très varié. Les collines du Mayombe dans la partie ouest de la région sont couvertes d'une forêt tropicale. Une grande influence des courants océaniques, associée avec la topographie de la région, crée des conditions favorables à l'implantation des forêts semidécidues du Mayombe, malgré sa situation à une altitude relativement basse (Donis 1948; Lebrun \& Gilbert 1954; Couralet 2010). Cette forêt est caractérisée par des essences décidues et sempervirentes dans la strate supérieure, et principalement par des essences sempervirentes dans le sous-bois (Donis 1948; Couralet 2010). Les Caesalpinioideae font partie des essences les plus indicatives pour ce type de forêt (p. ex. Prioria spp. et Scorodophleus zenkeri). D'autres familles d'essences indicatives pour ce genre de forêt sont les Olacaceae (p.ex. Strombosia spp.), les Ulmaceae (p.ex. Celtis spp.), les Sterculiaceae (p.ex. Cola spp.) et les Meliaceae (p.ex. Entandrophragma spp. et Guarea spp.) (Lebrun \& Gilbert 1954; Compère 1970). De plus
, les Ulmaceae (p.ex. Celtis spp.), les Sterculiaceae (p.ex. Cola spp.) et les Meliaceae (p.ex. Entandrophragma spp. et Guarea spp.) (Lebrun \& Gilbert 1954; Compère 1970). De plus, Donis (1948) discerne Staudtia stipitata et Coelocaryon spp. (toutes deux des Myristicaceae) comme étant les essences les plus remarquables dans les vieilles forêts climaciques.
La zone à l'est du Mayombe s'étend dans l'ombre pluviométrique des collines, par exemple la région autour du Lac Sinnda et du site de Bu3 (Figure 4.1). Les nuages poussés vers les terres depuis l'Atlantique sont appauvris en pluies au-dessus des collines (précipitations orographiques), ce qui laisse peu d'eau pour la région sur l'autre versant. A cause de cela, la région du Bas-Congo est beaucoup plus aride que les collines du Mayombe. Les espèces typiques de la savane sont Psorospermum febrifugum, Bridelia ferruginea, Strychnos spp. et Annona spp. (Compère 1970; Vincens et al. 1998).
En réalité, la majeure partie du Bas-Congo n'est pas occupée par de grandes zones de forêts contiguës ou de savanes contiguës. Il s'agit en effet plutôt d'une mosaïque complexe et changeante de forêts et de savanes (Schwartz et al. 1990; Maley \& Brenac 1998; Vincens et al. 1998; Leal 2004; Ngomanda et al. 2009a; Ngomanda et al. 2009b). Cette mosaïque est composée d'un mélange complexe de savanes arborées, de savanes herbeuses, de forêts pionnières, de forêts secondaires, de forêts tropicales primaires et d'un large éventail des phases intermédiaires entre les différents stades du cycle sylvigénétique. Les peuplements de forêt secondaire sont localement abondants et peuvent être caractérisés par des espèces dominantes comme Xylopia aethiopica et Terminalia superba (Donis 1948; Compère 1970; Schwartz et al. 1990). Un autre type remarquable de peuplement de forêt secondaire sont les "forêts ouvertes à Marantaceae" qui sont dominées par des herbes hautes avec
de volumineuse feuilles, qui empêchent vraisemblablement la régénération des espèces forestières matures (Schwartz et al. 1990). Tous ces peuplements de forêts secondaires sont présumés comme étant d'origine anthropogénique, même si quelques-uns pourraient être des vestiges de changements de végétations induits par les paléoclimats successifs (Schwartz et al. 1990; Gillet 2013; Tovar et al. 2014). Finalement, beaucoup d'auteurs décrivent une grande variété de types de végétation édaphique comme les peuplements dominés uniquement par Prioria balsamiferum sur les sols sableux, ou les galeries forestières dans les ravins de rivières qui sont présentes partout dans cette région (Donis 1948; Lebrun \& Gilbert 1954; Compère 1970).
La Figure 4.1 montre une carte détaillée de cette structure en mosaïque (Global Landcover Map 2000), avec des îlots de forêt tropicale, de bois et de savanes, mélangés les uns aux autres depuis la côte Atlantique à l'ouest jusqu'au fleuve Congo à l'est et au-delà. Toutefois, les îlots de forêt tropicale sont clairement les plus abondants sur les collines du Mayombe à l'ouest, alors que les îlots de savanes sont plus dominants dans le sud-est, autour du site de Ngongo Mbata (NBC).
La carte actuelle de la végétation (Figure 4.1) n'est probablement pas représentative de tout l'Holocène. En effet, les 3000 dernières années ont été caractérisées par des périodes de sécheresse et des périodes subséquentes de conditions plus humides. La Basse-Guinée a vraisemblablement été occupée par une forêt, qui s'étendait bien au-delà des limites actuelles, entre 7000 et 4000 BP , qui fut pour cette région une période particulièrement humide (Donis 1948; Lebrun \& Gilbert 1954; Compère 1970). Toutefois, durant la période allant de 4000 à 2000 BP , la forêt tropicale a subi un climat plus sec, renforcé par une saisonnalité plus prononcée (Ngomanda et al. 2009a; Ngomanda et al. 2009b; Neumann et al. 2012a; Neumann et al. 2012b). La plupart des données provenant de l'analyse pollinique montrent que la forêt tropicale avait été en grande partie remplacée par des savanes. Le lac Sinnda avait été partiellement ou totalement asséché pendant cette période (Vincens et al. 1998). La forêt tropicale était en train de se rétablir pendant la période 2200-1500 BP, comme indiqué par les pollens et les charbons récoltés qui provenaient d'espèces pionnières. De plus
, comme indiqué par les pollens et les charbons récoltés qui provenaient d'espèces pionnières. De plus, la période entre 1500 et l'actuel a subi une série de courtes périodes de sécheresse, dont le petit Âge Glaciaire (650-200 BP) est la dernière et la mieux documentée. La forêt tropicale était plus rare durant cette période dans le Mayombe qu'avant 4000 BP , comme indiqué par le diagramme du pollen du lac Kitina (Elenga et al. 1996). Mais l'abondance d'espèces pionnières montre que la forêt reprenait après les sécheresses antérieures.
Figure 4.1: Carte du Bas-Congo représentant les positions des sites archéologiques discutés dans cet article (points rouges : MSG = Misenga, KND = Kindu, BU3 = Bu, KDK = Kindoki, TAL = Kitala, NBC : Ngongo Mbata), des sites pédoanthracologiques du Mayombe analysés par Hubau et al. (2014; 2015) (points noirs : KS = forêt de Kisala-Singa, LKL = village Lukula, LUK = réserve de Luki) et des lacs (points bleus) avec une référence aux diagrammes de pollens présentés dans la Figure 4.2. (Elenga et al. 1996; Vincens et al. 1998).
Malgré les quelques enregistrements et analyses de pollens cités précédemment, notre connaissance du climat de l'Holocène et de la dynamique de la végétation de l'Afrique centrale est limitée à cause du manque de lacs stratifiés. Dès lors, les assemblages de charbons issus des fouilles pédoanthracologiques ou archéologiques sont importants pour combler les lacunes. Le charbon est défini comme «the blackened plant-derived material that has been significantly altered, chemically and structurally, through heating via fire» (« la matière noirecie dérivée des plantes qui ont été altérées de façon importantes, chimiquement et structurellement, en étant chauffées par le feu ») (Forbes et al. 2006). Le charbon a une valeur importante en paléobotanique et en archéologie parce que de nombreuses caractéristiques anatomiques sont conservées par le processus de carbonification. C'est un matériau qui est chimiquement inerte et qui perdure dans les profils de sol pendant des milliers d'années | Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | [
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, même sous les tropiques (Scheel-Ybert 2000; Di Pasquale et al. 2008; Hubau et al. 2015). Malgré sa compatibilité avec la paléolimnologie et ses possibilités indéniables dans les domaines de l'archéologie et de la paléobotanique, l'anthracologie a uniquement été utilisée en Afrique centrale de façon sporadique, probablement dû à un nombre apparemment illimité de variétés d'espèces. Pourtant, ce problème peut désormais être réglé par le développement des bases de données en ligne, ainsi que par les techniques de pointe en imagerie (IAWA Committee 1989; Wheeler 2011; Hubau et al. 2012; Hubau et al. 2013a; African Plants Database 2016; Inside Wood Database 2016; PROTA4U 2016).
Les analyses de pollens et de charbons sont complémentaires (Emery-Barbier \& Thiébault 2005; Hubau et al. 2012). Les assemblages de charbons récoltés pendant le projet KongoKing pourront peut-être nous éclairer sur la dynamique de la végétation du Bas-Congo pendant les derniers 2.000 ans. Nous présentons ici les résultats préliminaires de l'identification de ces charbons, et discutons de comment ce premier aperçu pourrait contribuer aux questions suivantes: 1. Quelle est la richesse en termes d'espèces des différents assemblages du projet KongoKing? ; 2. Quels sont les types de végétations représentés dans ces assemblages de charbons? ; 3. Est-ce que les types de végétations déduits depuis l'analyse des charbons sont comparables avec les pollens récoltés dans les lacs les plus proches (Elenga et al. 1996; Vincens et al. 1998)? ; 4. Estce que la composition végétale peut être expliquée par les évènements climatiques documentés par d'autres études du paléoenvironnement (Russell \& Johnson 2007)? | Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | [
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[Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.1 Méthodes]
4.1 Méthodes
Pendant les sondages archéologiques effectués dans le cadre du projet KongoKing, les fragments de charbons associés avec des artefacts ont été récoltés de façon systématique, mais la quantité totale de charbon n'a jamais été calculée.
Pour l'identification des charbons, nous avons sélectionné six sites fouillés au cours des recherches et qui ont tous été datés au radiocarbone. Trois des sites sélectionnés sont pour le moment situés dans une région formée d'une mosaïque de forêts denses-forêts claires sur les bords de la forêt du
Mayombe (MSG=Misenga, KND=Kindu et BU3=Bu, Figure 4.1.), alors que les trois autres sites comportent un environnement dominé par plusieurs types de savanes et des galeries forestières (TAL=Kitala, NBC=Ngongo Mbata, KDK=Kindoki, Figure 4.1.).
Dans chacun de ces sites, au moins deux tranchées ont été sélectionnées pour les identifications des charbons (à part pour Bu (BU3), où une seule tranchée a été sélectionnée) et au moins un fragment de charbon a été choisi au hasard pour la datation au radiocarbone. Tous les sites sélectionnés, leurs tranchées et leurs datations sont répertoriés dans le Tableau 4.1. Tous les fragments sélectionnés ont été datés au radiocarbone en utilisant la datation AMS ^14 C au laboratoire radiocarbone Poznán (Pologne), à l'exception d'un échantillon, testé par Beta Analytic, en Floride, USA. La calibration a été réalisée avec le programme Calib 6.1.0 (Stuiver \& Reimer 1993; Stuiver et al. 2005) en utilisant la courbe de calibration pour l'hémisphère sud SHCal04 (McCormac et al. 2004). Le Tableau 4.1 comprend les époques archéologiques auxquelles chaque série de charbons peut être associée : Âge du Fer Ancien, Âge du Fer Récent pré-1483, Âge du Fer Récent post-1483.
Si assez de fragments étaient disponibles, alors un minimum de cinq fragments de charbon par carré était sélectionné au hasard pour l'identification, et un minimum de vingt fragments par tranchée. Après la sélection, les fragments de charbons ont été analysés en utilisant la microscopie optique en réflexion selon Hubau et al. (2012). Par carré, tous les fragments de charbons sélectionnés ont été classés par type. Ces types représentent en général un groupe d'espèces ou (dans des cas rares) une seule espèce. Ensuite, un large fragment de chaque type a été monté sur une plateforme pour réaliser des analyses au microscope électronique à balayage (MEB). En utilisant les images du MEB, les différents types de charbons ont été décrits, en appliquant la numérotation des caractéristiques anatomiques utilisée pour la base de données en ligne Inside Wood (IAWA Committee 1989; Wheeler 2011; Hubau et al. 2012; Inside Wood Database 2016). Ceci produit deux colonnes de caractéristiques numérotées. La première colonne représente les caractéristiques anatomiques primaires qui sont clairement visibles
, et la seconde colonne représente des caractéristiques secondaires qui sont variables ou peu claires.
Tous les types de charbons ont été identifiés en appliquant le protocole d'identification de l'Afrique centrale décrit par Hubau et al. (2012). Néanmoins, à cause de contraintes de temps, seule la première phase du protocole d'identification a été appliquée (Hubau et al. 2012: IP1 in Fig.2). Cette phase a été conçue pour chercher le genre dans la Inside Wood Database (2016), et non pas l'espèce. Plus spécifiquement, nous avons fait une recherche sur Inside Wood en utilisant la description du charbon, ensuite, nous avons retenu les espèces dont la présence dans la région étudiée est la plus probable d'après la base de données en ligne (African Plants Database 2016; PROTA4U 2016), les inventaires, (Donis 1948; Donis \& Maudoux 1951; Maudoux 1954; Monteiro 1962; Pendje 1993; Couralet 2010) ainsi que les descriptions des types de végétation présents au Bas-Congo (Compère 1970).
Après la phase d'identification 1, les espèces retenues par Inside Wood ont été classées par type de végétation (voir
Tableau 4.2), en utilisant les informations écologiques de bases de données en ligne (African Plants Database 2016; PROTA4U 2016), de la liste des espèces indicatives pour les types de végétation décrits par Lebrun \& Gilbert (1954) ainsi que les espèces indicatives pour les types de végétation décrits par Compère (1970). Les espèces retenues ont ensuite été classées dans quatre grandes catégories de type de végétation (cf. le code couleur du Tableau 4.2): 1. Forêt tropicale sempervirente et semi-décidue ; 2. Forêt-galerie et forêt ripicole (inondée de façon périodique) ; 3. Forêt pionnière et vieille forêts secondaires (repousses) ; 4. Savane arborée et savane herbeuse. Ce sont les quatre types majeurs de végétation utilisés sur la carte du Bas-Congo (Compère 1970), et celle du bassin du Congo (Lebrun \& Gilbert 1954). Certaines espèces sont présentes dans plusieurs types de végétation. En outre, un certain type de charbon peut être associé à plusieurs espèces retenues qui appartiennent à plusieurs types de végétations, ce qui empêche une interprétation écologique claire des types de charbons. Ultérieurement
, ce qui empêche une interprétation écologique claire des types de charbons. Ultérieurement, les types de charbons ont été attribués à un type de végétation en se basant sur les caractéristiques écologiques des espèces retenues. Les types de végétation sont les mêmes que les quatre types majeurs de végétations auxquels les espèces retenues ont été attribuées (cf. couleurs dans le Tableau 4.2). Finalement, tous les types de charbon ont été attribués à une classe d'importance, qui reflète le degré d'ambiguïté de l'interprétation écologique. | Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.1 Méthodes | [
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[Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.2 Résultats]
4.2 Résultats
Les Tableaux 4.3, 4.4 et 4.5 présentent les résultats de l'identification du charbon par carré sélectionné des tranchées datées de l'Âge du Fer Ancien à l'Âge du Fer Récent, ce qui s'étend sur à peu près 1600 ans. Au total, 500 fragments de charbons ont été analysés et classés en 40 types de charbon, desquels 36 sont identifiables et dérivés de bois, 2 sont dérivés de bois mais ne sont pas identifiables (classe d'importance 5) et 2 sont dérivés d'endocarpes de Elaeis guineensis et Canarium schweinfurthii. 19 des types de charbons ressemblent à l'un des types identifiés dans des fosses fouillés dans les forêts du Mayombe.
22 des 36 types de charbons identifiés sont attribués aux classes d'importance 1 ou 2 , et sont donc les types utilisés pour l'argumentation. De plus, 11 types ont été attribués à la classe d'importance 3 et sont également utilisés dans la discussion mais avec précaution. Les classes d'importance sont expliquées en détails ci-dessous.
La classe d'importance 1 (qui contient 15 types de charbons) est donnée aux types de charbons des espèces retenues qui ont pu être clairement assignés uniquement à un type de végétation. Ce groupe de types est le plus important pour cette étude car leur classification écologique et leur interprétation est assez directe. Par exemple, elle comporte les types cf. Vernonia conferta et cf. Pycnanthus angolensis (Tableau 4.2). L'anatomie du bois de ces taxons est assez unique et les fragments de charbons sont donc facilement identifiables. Pour les images obtenues au MEB des fragments de charbons dérivés de Pycnanthus angolensis dans le Mayombe, voir Hubau et al. (2013b).
La classe d'importance 2 (qui contient 7 types) est attribuée aux types qui ne sont présents que dans l'un des sites mais
La classe d'importance 2 (qui contient 7 types) est attribuée aux types qui ne sont présents que dans l'un des sites mais
pour lesquels les espèces retenues sont attribuées à deux types de végétation. Le type de charbon est attribué au type de végétation qui est « le plus probable » en prenant en compte l'environnement du site actuel. Un exemple pour ce type est cf. Tabernanthe iboga, à partir duquel les espèces retenues apparaissent dans les forêts tropicales ainsi que dans l'environnement des forêts galeries (Compère 1970; PROTA4U 2016). Etant donné que le site (NBC/Ngongo Mbata) est actuellement localisé dans un milieu de type savane-galerie forestière (Figure 1), le type attribué est galerie forestière. En tant que tel, la classification écologique de ce groupe de types est partiellement déduite des aspects géographiques et partiellement des résultats de l'identification. Par conséquent, il faut les traiter avec précaution quand les résultats seront discutés.
La classe d'importance 3 (attribuée à 11 types) est attribuée aux types qui apparaissent dans au moins deux sites localisés dans des environnements différents et pour lesquels les espèces retenues sont attribuées à différents types de végétation. Pour chaque site, le type de charbon est attribué à un certain type de végétation qui peut être différent selon le site où le fragment de charbon a été prélevé. Un exemple de ce type est cf. Irvingia spp. duquel les espèces retenues apparaissent dans les forêts tropicales (Irvingia robur and Irvingia gabonensis) et dans les forêts galeries (Irvingia smithii) (Donis 1948; Lebrun \& Gilbert 1954; Compère 1970). Par conséquent, ce type est attribué aux forêts tropicales pour les sites localisés en bordure de la forêt du Mayombe (Kindu et Misenga) et aux galeries forestières pour les sites localisés dans la savane (Ngongo Mbata et Kitala). La classification écologique des types de la classe significative 3 est partiellement déduite des aspects géographiques. Il faut donc les traiter avec précaution quand les résultats sont discutés.
La classe d'importance 4 (contenant 3 types) contient les types dont les espèces retenues apparaissent dans au moins trois types différents de végétation. Par conséquent, il est considéré comme impossible d'utiliser ces types d'interprétation écologique. Un exemple de ce type est cf. Syzygium guineense, duquel les espèces retenues ont une distribution spatiale très large (du Sénégal à l'Afrique du sud), et une grande tolérance écologique (des forêts tropicales sempervirentes aux forêts sèches) (PROTA4U 2016).
Finalement, la classe d'importance 5 (2 types) contient les fragments de charbons dont l'anatomie n'était pas assez claire pour l'identification. Pour les illustrations des difficultés d'identification causées par une anatomie imprécise des charbons, voir Hubau et al. (2013a). | Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.2 Résultats | [
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[Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.3 Discussion]
4.3 Discussion
La meilleure façon d'interpréter les assemblages de charbons se fait en les comparant avec d'autres paléo-enregistrements fournissant des reconstructions de la végétation et du climat. Une chronologie de référence détaillée couvrant les derniers 1400 ans est le rapport Mg / Ca(NMg) dans la calcite du lac Edouard (Russell \& Johnson 2007). Cette référence montre que le climat de l'Holocène de l'Afrique centrale a été caractérisé par une alternance de périodes sèches et humides. Plus particulièrement, les trois phases sèches de
l'Afrique centrale ont été liées à des périodes définitivement plus chaudes ou froides que l'on connait dans les paléoenregistrements des latitudes nord : (1) une période froide au Moyen Âge, (2) le très discuté «Optimum Climatique Médiéval » ou « l'anomalie climatique médiévale » (ACM), et (3) le Petit Âge Glaciaire (Lamb 1985; Bradley et al. 2003; Russell \& Johnson 2007). Ces trois phases arides ont déterminé les changements de climat et de végétation durant les deux derniers millénaires de l'Afrique. De plus, une quatrième période plus aride en Afrique centrale est connue comme «la crise de la forêt tropicale du 3^e millénaire bp » et son rôle crucial dans la formation de la couverture végétale actuelle de l'Afrique a été largement confirmé par la communauté scientifique (Maley \& Brenac 1998; Elenga et al. 2004; Maley 2004; Ngomanda et al. 2009a; Ngomanda et al. 2009b; Neumann et al. 2012a; Neumann et al. 2012b; Hubau et al. 2015).
La Figure 4.2 représente les assemblages de charbons archéologiques identifiés (résultats dans les Tableaux 4.3, 4.4 et 4.5 ) sous la forme d'histogrammes dans le contexte chronologique des quatre anomalies sèches mentionnées ci-dessus. En outre, pour pouvoir comparer les assemblages de charbons avec d'autres reconstructions de végétation en réponse à ces anomalies sèches, la Figure 4.2 reprend également les résultats trouvés dans les lacs stratifiés les plus proches pour lesquels les analyses de pollens ont été publiées : le lac Kitina (Elenga et al. 1996) et le lac Sinnda (Vincens et al. 1998). Le lac Sinnda est situé dans une zone présentant une mosaïque de forêt-forêt claire-savanes qui se trouve dans l'ombre pluviométrique des collines humides du Mayombe. Il est localisé dans un environnement plus ou moins comparable aux environnements où la savane domine entourant les sites de Kitala, Kindoki et Ngongo Mbata (Figure 4.1.). Le lac Kitina est, quant à lui, situé au milieu de la forêt du Mayombe. Son environnement peut donc être comparé aux sites situés dans des environnements plus forestiers, comme Misenga, Kindu et Bu. | Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.3 Discussion | [
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[Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.3.1 L'héritage de la crise de la forêt tropicale (1800-1500 BP)]
Trois de nos sites (Bu, Kindu et Kitala) contenaient des assemblages de charbons archéologiques datant de l'Âge du Fer Ancien, plus précisément des périodes de 1800 à 1500 BP . Les assemblages de charbons de Bu et Kindu sont dominés par des espèces provenant d'une forêt en régénération (Figure 4.2. et Tableau 4.3). Ceci pourrait indiquer que la forêt du Mayombe se rétablissait à la suite d'une période de perturbation. En effet, beaucoup d'auteurs soutiennent l'hypothèse d'une «crise de la forêt tropicale du 3^e millénaire bp », qui a probablement duré jusqu'aux alentours de 2200 BP (Maley 2004; Ngomanda et al. 2009a; Ngomanda et al. 2009b; Neumann et al. 2012a; Neumann et al. 2012b). De plus, Hubau et al. (2015) ont trouvés du charbon sur plusieurs sites de la période qui suit le 3^e millénaire bp (2200-1500 BP). Ils soutiennent qu'il aurait pu y avoir une longue phase de régénération forestière intense. Cette phase aurait pu durer plusieurs siècles à cause des incendies à répétition, ainsi que les perturbations récurrentes causées par l'effet de bordure
, ainsi que les perturbations récurrentes causées par l'effet de bordure, qui sont un facteur important dans un paysage forestier fragmenté (Cochrane 2003; Wade et al. 2003; Tabarelli et al. 2008).
Figure 4.2: Données des charbons dans le contexte du Bas-Congo. Les histogrammes représentent le nombre de taxons de charbon par tranchée fouillée dans les sites archéologiques du Mayombe ou les sites de savane. Les astérisques indiquent le nombre de type de charbons qui appartiennent aux classes d'importance 1 ou 2 , et sont donc les plus fiables pour l'interprétation écologique. Une partie du diagramme des pollens du lac Sinnda est donnée comme référence pour les sites situés dans un environnement savanicole, comme pour Kitala (TAL), Ngongo Mbata (NBC) et Kindoki (KDK) : les Cyperaceae sont des indicateurs de sécheresse, Alchornea est un genre des espèces pionnières. Il faut souligner que le lac Sinnda était à sec entre 1800 et 1200 BP (Vincens et al. 1998: figure 2). De même, le diagramme des pollens du lac Kitina sont donnés comme référence pour les environnements forestiers (Elenga et al. 1996: figure 3). Les zones grises sont des périodes de sécheresse en Afrique centrale, comme indiqué par le \%Mg du lac Edward : un \%Mg plus élevé indique des conditions plus sèche dans le bassin du Congo (Russell \& Johnson 2007
, comme indiqué par le \%Mg du lac Edward : un \%Mg plus élevé indique des conditions plus sèche dans le bassin du Congo (Russell \& Johnson 2007, figure 3a). Il faut également souligner que les changements dans la végétation dans le courant du Petit Âge Glaciaire et de l'anomalie climatique médiévale (ACM) ont également été observés en Basse-Guinée (Ngomanda et al. 2007). Finalement, il nous faut souligner les hautes concentrations de Cyperaceae autour du lac Sinnda pendant le Petit Âge Glaciaire (sécheresse).
Le diagramme des pollens du lac Kitina montre que la forêt du Mayombe a été partiellement remplacée par des savanes pendant et après la crise de la forêt tropicale du 3^e millénaire BP. Pendant cette dernière, une combinaison d'une saison sèche intense et une saison humide courte mais violente a causé une fragmentation de la forêt tropicale, en particulier à la périphérie de celle-ci (Maley \& Brenac 1998; Maley 2004; Ngomanda et al. 2009a; Ngomanda et al. 2009b; Neumann et al. 2012a; Neumann et al. 2012b; Hubau et al. 2015). Au même moment, le Sahel a commencé à souffrir de conditions de plus en plus sèches. Ce changement dans l'environnement aurait causé un exode vers le sud des populations parlant des langues bantoues (Maley 2004; Neumann et al. 2012a; Neumann et al. 2012b; Bostoen et al. 2015b; Grollemund et al. 2015). Elles auraient atteint les parties sud des collines du Mayombe et le Bas-Congo vers la fin du 3^e millénaire BP (Schwartz et al. 1990; Hubau et al. 2014; de Schryver et al. 2015). Cette période sèche a probablement eu des implications sévères dans les régions déjà sèches
, comme l'assèchement du lac Sinnda pendant cette période le suggère (Vincens et al. 1998). De même, le niveau du lac Kitina dans la forêt du Mayombe a baissé, même si le lac ne s'est jamais retrouvé complètement à sec (Elenga et al. 1996).
Après la crise de la forêt tropicale du 3^e millénaire BP, les environs du lac Kitina étaient caractérisés par une augmentation abrupte du nombre d'arbres pionniers, ce qui atteste d'une phase de régénération généralisée de la forêt tropicale du Mayombe (Vincens et al. 1998) (Figure 4.2.). Cette augmentation des taxons pionniers peut également être observée dans les diagrammes de pollens issus du marécage de Nyabessan (Cameroun) et dans ceux des lacs Nguène et Maridor (Gabon) (Ngomanda et al. 2009a; Ngomanda et al. 2009b; Neumann et al. 2012a). Finalement, Hubau et al. (2015) ont découvert que certains dépôts de charbons de la même période à la frontière la plus au sud des collines forestières du Mayombe (Figure 4.1.) étaient dominés par des taxons de forêts secondaires et pionnières. Par conséquent, il n'est pas surprenant que les assemblages de charbons des sites de l'Âge du Fer Ancien (Kindu et Bu) soient également dominés par des espèces présentes dans les forêts en régénération (Figure 4.2 et Tableau 4.3).
Nos résultats pour le site de Bu (Tableaux 4.1 et 4.3) montrent que la plupart des fragments de charbons étaient dérivés d'espèces pionnières comme Vernonia conferta, Pycnanthus angolensis, Alstonia spp. et Milicia excelsa. L'anatomie du bois de ces espèces est assez particulière, ce qui rend leur identification assez aisée.
La Figure 4.1 montre que le site de Bu est localisé dans une zone qui est pour le moment dominée par des forêts sèches et des savanes arborées. En effet, un type de charbon semble avoir été dérivé des espèces typiques de la savane (Ziziphus spp.). Pourtant, cette zone n'est pas très loin des forêts du Mayombe et certains îlots de forêt entourent le site (Figure 4.1). L'abondance d'espèces forestières pionnières sur le site de Bu pendant le 2^e millénaire BP pourrait indiquer que ces îlots de forêts étaient plus abondants pendant la deuxième moitié du 2^e millénaire BP, ce qui suggère que le climat était probablement légèrement plus humide qu'aujourd'hui. Cependant, l'absence de taxons issus de forêts matures (comme Olacaceae ou Meliaceae) pourrait indiquer que les forêts matures étaient rares dans la région.
En outre, les résultats des identifications pour les assemblages de Kindu (Tableau 4.2) suggèrent que l'environnement était composé d'une mosaïque complexe de forêts matures en cours de régénération mais aussi de forêts ripicoles édaphiques. En effet, le site est localisé dans un environnement plus riche en forêts, plus proche de la forêt du Mayombe que de Bu (Figure 4.1), ce qui explique l'apparition dans les résultats d'un taxon provenant d'une forêt tropicale mature (indiquée par Guibourtia spp., Cynometra spp. et Irvingia spp. dans les analyses des charbons). Toutefois, comme pour Bu, le manque de certains indicateurs clairs d'une forêt tropicale mature, comme les espèces Olacaceae ou Meliaceae, suggère que les îlots de forêt mature étaient probablement parsemés et peut-être dégradés (à cause de la crise de la forêt tropicale survenue précédemment). De plus, l'occurrence dans les résultats d'espèces pionnières similaires à celles trouvées sur le site de Bu, pourrait confirmer la notion d'une augmentation du nombre d'îlots forestiers dans la zone, ce qui suggère que les forêts étaient encore occupées à se rétablir de la crise du 3^e millénaire. | Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.3.1 L'héritage de la crise de la forêt tropicale (1800-1500 BP) | [
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[Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.3.1 L'héritage de la crise de la forêt tropicale (1800-1500 BP)]
Par ailleurs, les résultats des assemblages de Kitala montrent que ceux-ci comportent moins d'espèces variées que les autres. Cela pourrait résulter d'une récolte sélective, mais cela pourrait également indiquer que les environs du site étaient pauvres en espèces. L'un des (rares) types de charbon était probablement dérivé de Bridelia ferruginea, qui est une espèce typique des savanes (Lebrun \& Gilbert 1954; Compère 1970) et les quelques autres taxons ont probablement été récoltés dans des forêts galeries (Bellschmiedia spp. et Irvingia smithii). Pour le moment, le site de Kitala est localisé dans une zone de forêts clairsemées, caractérisée par les espèces de savanes et de galeries forestières (Figure 4.1). Donc, les résultats des analyses sont comparables avec l'environnement actuel du site. La végétation a probablement été dominée par les espèces issues de la savane durant toute la crise de la forêt tropicale du 3^e millénaire, ainsi que la phase suivante (plus humide) de régénération forestière. Finalement, les fragments d'endocarpes d'huile de palme (Elaeis guineensis) sont remarquablement abondants sur le site de Kitala
, ainsi que la phase suivante (plus humide) de régénération forestière. Finalement, les fragments d'endocarpes d'huile de palme (Elaeis guineensis) sont remarquablement abondants sur le site de Kitala, ce qui pourrait indiquer un contexte de galeries forestières. | Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.3.1 L'héritage de la crise de la forêt tropicale (1800-1500 BP) | [
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[Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.3.2 Une interruption dans les données archéologiques et anthracologiques (1500-700 BP)]
4.3.2 Une interruption dans les données archéologiques et anthracologiques (1500-700 BP)
Les données archéologiques du projet KongoKing présentent un manque de données remarquable entre 1500 et 700 BP , une période qui se caractérise par le retour de conditions plus humides. Le niveau des eaux du lac Sinnda augmente de façon constante, ce qui est indiqué par la diminution de la quantité de Cyperaceae (Vincens et al. 1998). Au même moment, la quantité des espèces pionnières et celle des Gramineae dans les environs du lac Kitina diminue (Elenga et al. 1996).
La raison pour laquelle nous n'avons pas retrouvé de site de cette époque pendant le projet n'est pas encore très claire. Une explication possible est que nous sommes face à une lacune de la recherche plutôt que d'un recul de l'activité humaine (Chapitre 18). Cette explication pourrait être soutenue par le site de Lukula, qui est l'un des sites datant de cette période (Hubau et al. 2014). Le site de Lukula a été échantillonné au hasard, révélant donc la culture matérielle de cette période «par accident».
Les données sur les charbons de Lukula sont caractérisées par une abondance remarquable de taxons pionniers aux alentours de 900 BP (Hubau et al. 2014), ce qui semble être en corrélation avec les données issues des analyses de pollens, qui présentent une augmentation légère et courte des espèces pionnières et des Gramineae autour du lac Kitina et des Cyperaceae et des espèces pionnières (Alchornea spp et Milica excelsa) aux alentours du lac Sinnda. Cela pourrait refléter une petite période sèche qui coïncide avec l'anomalie climatique médiévale (ACM), ce qui a aussi été montré dans les données issues du lac Edouard (Russell \& Johnson 2007) (Figure 4.2.). Cette perturbation a peut-être interrompu pendant peu de temps une période plus longue de régénération forestière. | Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.3.2 Une interruption dans les données archéologiques et anthracologiques (1500-700 BP) | [
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[Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.3.3 Sécheresse du Petit Âge Glaciaire (700-400 BP)]
4.3.3 Sécheresse du Petit Âge Glaciaire (700-400 BP)
Un groupe d'assemblages de charbons des sites de Kindu, Misenga et Kindoki (Tableau 4.2) a été daté entre 700 et 500 BP, la période qui précède le Petit Âge Glaciaire. Les données des charbons reflètent une abondance caractéristique de forêts tropicales matures et d'espèces pionnières. Nous suggérons que cela pourrait refléter un environnement composé d'une mosaïque de forêts matures et de forêts en cours de régénération, ce qui correspond aux données issues des analyses des pollens du lac Kitina. Le Mayombe aurait pu être en train d'évoluer vers un environnement de forêts restaurées entre 700 et 400 BP . Le pic dans le taxon de forêt mature dans les données du lac Kitina aux alentours de 400 BP pourrait marquer le point culminant d'un long processus de régénération, et le premier signe d'un retour vers une extension de la forêt comparable à la situation avant la crise du 3^e millénaire (Elenga et al. 1996).
Les quelques types présents dans les données des charbons du site de Kindoki sont dérivés de taxons typiques d'une forêt en régénération, comme Oncoba spp. et Vernonia conferta. Les assemblages de Misenga et Kindu, de la même période, sont dominés par des taxons pionniers (Figure 4.2 et Tableau 4.3), même s'il semble qu'il y ait une plus grande abondance d'espèces issues de forêts matures que dans les assemblages de l'Âge du Fer Ancien de Bu et Kindu (Tableau 4.3). Cela suggère que les types pionniers et les types de forêts tropicales matures auraient pu tous deux être importants pendant cette période.
L'environnement de forêts restaurées n'a pas duré longtemps puisque la période suivante, le Petit Âge Glaciaire, a été caractérisée par une nouvelle période de sécheresse, indiquée dans les données du lac Sinnda par un pic de Cyperaceae. La famille des Cyperaceae indique des environnements marécageux, donc un niveau des eaux du lac plus bas (Vincens et al. 1998; Bradley et al. 2003). Même si l'apparition d'un pic dans la présence de Cyperaceae autour du lac Sinnda et d'un pic dans la présence d'essence d'arbres issus de forêts matures du Mayombe semblent se contredire (étant donné que ce sont des occurrences respectivement, en situation sèche et en situation plus humide), ils peuvent être expliqués par le fait que la réponse des arbres d'une forêt tropicale à la sécheresse peut être plus lente que celle d'espèces d'herbacées. Le pic de Cyperaceae au lac Sinnda indique une période sèche abrupte et forte autour de 400 calBP, qui a pu causer des changements à la forêt nouvellement régénérée du Mayombe dans le courant des siècles suivants (Elenga et al.
1996; Vincens et al. 1998; Ngomanda et al. 2007; Hubau et al. 2015). Cela est également confirmé par la présence d'espèces pionnières dans les données issues de l'analyse des charbons des sites non-archéologiques des collines du Mayombe, datés d'entre 800 et 200 calBP (Hubau et al. 2015). | Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.3.3 Sécheresse du Petit Âge Glaciaire (700-400 BP) | [
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[Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.3.4 Un retour vers des conditions plus humides (400 BP - présent)]
La seconde partie du Petit Âge Glaciaire (400 - 200 BP ) et la phase suivante de régénération sont caractérisées par un déclin de Cyperaceae et une augmentation des espèces pionnières autour du lac Sinnda, ce qui indique un retour vers des conditions plus humides. Les données du lac Kitina montrent également une augmentation dans les essences d'arbres de forêt tropicale depuis 500 BP . Les seules données issues de charbons que nous possédons pour cette époque sont celles de Ngongo Mbata. Les résultats de l'identification de ces charbons sont remarquables grâce à la richesse de l'assemblage. Ce site est localisé dans le sud-est, qui est une zone complètement dominée par la savane (Figure 4.1.), nous pourrions donc nous attendre à des résultats relativement pauvres en espèces. Cependant, les données issues des charbons de toutes les tranchées du site montrent une grande diversité d'espèces, où les espèces issues de forêts galeries et de forêts secondaires dominent. Un total de 20 types de charbons a été retrouvé dans trois tranchées différentes. Huit de ces types sont présents dans au moins deux tranchées, ce qui suggère que les assemblages de charbons sont assez similaires.
L'apparition de taxons de forêts secondaires dans chacune des tranchées suggère que les forêts étaient en pleine régénération après la sécheresse du Petit Âge Glaciaire. Il est important de faire remarquer que ces données comprennent néanmoins beaucoup de taxons issus de la savane et très peu des forêts tropicales (Figure 4.2 et Tableau 4.3). Ce contraste, en termes de diversité d'espèces, entre le site de Ngongo Mbata et les autres sites situés dans un environnement dominé par les savanes (Kitala et Kindoki), peut probablement être expliqué par une plus grande variété de végétation autour de Ngongo Mbata. Cela pourrait être causé par le climat actuel (200 BP - présent), combiné peut-être avec une grande variabilité dans la topographie de l'environnement avec des ravins qui protègent les forêts galeries et les forêts secondaires, ainsi que des plateaux qui abritent la savane.
Une autre explication pourrait être une différence dans les habitudes de cueillette (Shackleton \& Prins 1992; ThéryParisot et al. 2010; Picornell-Gelabert et al. 2011; Hubau et al. 2014). Les habitants de Ngongo Mbata préféraient peut-être utiliser un grand nombre d'espèces différentes, alors que les habitants de Kitala et Kindoki favorisaient peut-être des espèces spécifiques. Cependant, le « Principe du Moindre Effort » (Schwartz et al. 1990) stipule que les critères de sélection ne sont pas importants dans les régions où le bois pour le feu n'est présent qu'en petite quantité. Les sites de Kitala et de Ngongo Mbata sont localisés dans des environnements dominés par les types de la savane (Figure 4.1) (Compère 1970), où la disponibilité de bois de chauffage est plus limitée que dans les régions boisées du Mayombe. Dès lors, on peut être amené à penser que les habitants d'une région de savane (comme à Kitala et Ngongo Mbata)
ramasseraient tout ce qu'ils pouvaient trouver. Il semble donc que les données sur les charbons reflètent en effet la variété des espèces disponibles dans les environs immédiats, ce qui suggère que la région autour de Ngongo Mbata était plus riche en type de végétations et d'espèces que les sites de Kitala et Kindoki. Cette hypothèse devra être confirmée par des analyses complémentaires. | Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.3.4 Un retour vers des conditions plus humides (400 BP - présent) | [
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] | 4 | 3,592 |
[Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.4 Conclusions]
4.4 Conclusions
Les résultats de l'identification des charbons présentés dans ce texte sont préliminaires. Même s'ils ne sont pas suffisants pour tirer des conclusions définitives, ils permettent d'obtenir un premier aperçu de comment l'identification des charbons provenant de plusieurs sites archéologiques peut contribuer à la reconstruction de l'histoire de la végétation au sein de la région étudiée par le projet KongoKing, plus particulièrement lorsqu'ils sont comparés aux données issues des analyses polliniques de lacs avoisinants.
Les assemblages de l'Âge du Fer Ancien (1800 - 1500 BP, Bu et Kindu) montrent une abondance remarquable d'espèces de forêts secondaires et d'espèces pionnières. De plus, les indicateurs d'une forêt tropicale sont absents (p. ex. Olacaceae et Meliaceae). Cela soutient l'hypothèse que la forêt tropicale du Mayombe était peut-être en cours de régénération entre 1800 et 1500 BP , après avoir été fragmentée pendant la crise de la forêt tropicale du 3^e millénaire. Ce résultat concorde avec les données issues de l'analyse des pollens et des sites nonarchéologiques du Mayombe et de ses environs (Elenga et al. 1996; Vincens et al. 1998; Hubau et al. 2015), ainsi qu'avec ceux du Cameroun et du Gabon (Maley \& Brenac 1998; Ngomanda et al. 2007; Ngomanda et al. 2009a; Ngomanda et al. 2009b). Contrairement aux deux autres sites de l'Âge du Fer Ancien, le site de Kitala, de la même période, est relativement pauvre en espèces, contenant uniquement quelques variétés de la savane et des galeries forestières. Ceci pourrait indiquer que ce site se trouvait dans un autre environnement que les sites de Bu et de Kindu, mais nous avons besoin de plus de données pour confirmer cette hypothèse.
La période de 1500 à 700 BP , entre l'Âge du Fer Ancien et l'Âge du Fer Récent, n'est pas représentée dans les données
archéologiques du projet KongoKing. Les seules autres dates disponibles, venant d'autres projets de recherches, ont été obtenues sur un site du Mayombe, Lukula, et dans une grotte dans le sud (la grotte de Tovo). La raison de cette lacune n'est pas claire. Clist soutient qu'il s'agit probablement en partie d'un manque dans les recherches plutôt que d'un véritable recul temporaire des populations (Chapitre 18).
En comparaison avec les assemblages de l'Âge du Fer Ancien, les assemblages de l'Âge du Fer Récent de Misenga et de Kindu (entre 500 et 700 BP ) possèdent un pourcentage beaucoup plus élevé de taxons issus de forêts tropicales matures ( 46 % contre 31 % ), tout en conservant de nombreux taxons pionniers. Cela pourrait confirmer l'idée selon laquelle la forêt était occupée à se rétablir, comme indiqué dans les données issues des analyses polliniques du lac Kitina (Elenga et al. 1996).
Finalement, le site le plus récent (Ngongo Mbata, 400 BP présent) est caractérisé par un nombre de types beaucoup plus grand que dans n'importe quel autre site, même s'il est localisé dans un environnement de savanes qui pourrait être relativement pauvre en comparaison avec les autres sites. La diversité des espèces présentes dans les données des charbons pourrait refléter la variété des types de végétation présents dans l'environnement, plutôt qu'une véritable stratégie de sélection. Si on compare avec les données issues des deux autres sites situés dans un environnement de savanes (Kitala et Kindoki), les environs de Ngongo Mbata ont dû être relativement diversifiés.
Pour conclure, les résultats préliminaires présentés dans ce chapitre étayent certaines idées présentées dans des études antérieures plus poussées. Toutefois, ces charbons issus de sites archéologiques ne sont pas forcément tous représentatifs de la végétation environnante. Il a pu exister une série de tendances pré- et post-déposition, comme la meilleure préservation du charbon de certaines espèces, la préférence de certaines espèces ou le choix des types de végétation lors de la collection de bois de chauffage (ThéryParisot et al. 2010). Des analyses plus en profondeur seront nécessaires pour déterminer la représentativité de nos données.
| Village | Site | Tr. | Carré | Prof. (cm) | Datation ^\circ C | Calibrée (2c) | Période archéologique | N^\circ de réf. Labo | Echantillon |
| --- | --- | --- | --- | --- | --- | --- | --- | --- | --- |
| Bu3 | BU3 | T01 | B1 | 10-20 | 1700 | AD 253-475 | Âge du Fer ancien | Poz-80293 | Endocarpe (Elaeis guineensis) |
| Kindu | KND | T09 | - | 50-60 | 1810 | AD 167-362 | Âge du Fer ancien | Poz-76921 | Endocarpe (Canarium schweinfurthii) |
| Kindu | KND | T09 | - | 50-60 | 1810 | AD 167-362 | Âge du Fer ancien | Poz-76921 | Endocarpe (Canarium schweinfurthii) |
| Kindu | KND | T09 | - | 20-30 | 1750 | AD 248-406 | Âge du Fer ancien | Poz-76920 | Endocarpe (Canarium schweinfurthii) |
| Kitala | TAL | T02 | A2 | 44 | 1710 | AD 250-435 | Âge du Fer ancien | Poz-75419 | Charbon de bois |
| Kitala | TAL | T03 | B1 | 28 | 1665 | AD 369-524 | Âge du Fer ancien | Poz-69053 | Charbon de bois |
| Kindoki | KDK | T28 | - | 110-120 | 680 | AD 1294-1393 | Âge du Fer récent pre-1483 | Poz-59486 | Charbon de bois |
| Kindoki | KDK | T100 | B'1 | 130-140 | 565 | AD 1391-1446 | Âge du Fer récent pre-1483 | Poz-75423 | Charbon de bois |
| Kindu | KND | T08 | A1 | 20-30 | 725 | AD 1275-1388 | Âge du Fer récent pre-1483 | Poz-80292 | Charbon de bois |
| Misenga | MSG | T04 | - | 50-60 | 535 | AD 1403-1450 | Âge du Fer récent pre-1483 | Poz-69050 | Charbon de bois |
| Misenga | MSG | T01 | - | - | - | - | - | - | Charbon de bois |
| Ngongo Mbata | NBC | T01 | V23 | 215-235 | 310 | AD 1502-1790 | Âge du Fer récent post-1483 | Poz-60772 | Charbon de bois |
| Misenga | MSG | T01 | - | - | - | - | - | - | Charbon de bois |
| Ngongo Mbata | NBC | T01 | V23 | 215-235 | 310 | AD 1502-1790 | Âge du Fer récent post-1483 | Poz-60772 | Charbon de bois |
| Ngongo Mbata | NBC | T19 | D'1 | 100-110 | 315 | AD 1502-1665 | Âge du Fer récent post-1483 | Poz-60771 | Charbon de bois |
| Ngongo Mbata | NBC | T19 | - | 85-90 | 310 | AD 1502-1790 | Âge du Fer récent post-1483 | Poz-80294 | Charbon de bois |
| Ngongo Mbata | NBC | T83 | S18 | 160-170 | 210 | AD 1651-1950 | Âge du Fer récent post-1483 | Poz-69045 | Charbon de bois |
Tableau 4.1 : Vue d'ensemble des tranchées sélectionnées pour l'identification des charbons et leurs datations radiocarbones. Pour plus de détails sur l'archéologie de ces sites, nous renvoyons à des publications antérieures de l'équipe du projet KongKing (Clist et al. 2013a; Clist et al. 2013b; Clist et al. 2014; Matonda et al. 2014; Clist et al. 2015a; Clist et al. 2015c; Clist et al. 2015d; Matonda et al. 2015).
| DITES DE CHARGING DE BUS "I" | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | |
Tableau 4.3 : Résultat de l'identification des charbons des tranchées de l'Âge du Fer Ancien des sites de Kindu, Bu et Kitala (environ 1700 BP = 350 AD). Les numéros représentent la quantité de fragments de charbons, par type de charbons et par carré. Voir Tableau 4.1 pour une vue d'ensemble et une classification écologique des espèces retenues par type de charbons.
Tableau 4.4 : Résultats de l'identification des charbons des tranchées de l'Âge du Fer Récent pré-1483 des sites de Kindu, Misenga et Kindoki (vers 600 BP = 1350 AD). Les numéros représentent la quantité de fragments de charbons, par type de charbons et par carré. Voir Tableau 4.1 pour une vue d'ensemble et une classification écologique des espèces retenues par type de charbons. | Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.4 Conclusions | [
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] | 8 | 7,749 |
[Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.4 Conclusions]
- Les couleurs représentent les types de forêts auxquels les types de charbons peuvent être attribués : vert foncé = forêt tropicale sempervirente et semi-décidu; vert clair = repousse secondaire ; bleu = forêts galeries ou ripisytves (mondées périodiquement) ; orange = savane arborée ou herbeuse
- Les espèces retenues par type de charbon et la classification écologique par site sont donnée dans le Tableau 1
* Les classes d'importance sont définies dans le Tableau 1
Tableau 4.5 : Résultats de l'identification des charbons des tranchées du l'Âge du Fer Récent post-1483 du site de Ngongo Mbata (vers 300 BP =1650 AD ). Les numéros représentent la quantité de fragments de charbons, par type de charbons et par carré. Voir Tableau 4.1 pour une vue d'ensemble et une classification écologique des espèces retenues par type de charbons. | Chapitre 4 | L'évolution de la composition de la forêt dans la région du Bas-Congo ( 1800 bp - présent) | 4.4 Conclusions | [
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[Chapitre 5 | L'industrie en quartz de l'Holocène ancien au Bas-Congo]
Chapitre 5
L'industrie en quartz de l'Holocène ancien au Bas-Congo
Els Cornelissen
Contrairement à beaucoup d'autres régions en République Démocratique du Congo (RDC), la région du Bas-Congo est, du point de vue archéologique, relativement bien connue et a fait l'objet de fouilles et de prospections depuis 1895 (de Maret 1990b). Cette situation s'explique en partie par la présence dans cette région de la capitale Kinshasa qui a été reliée à la côte par des travaux de grande ampleur, tel que le chemin de fer. Elle s'explique aussi par la concentration d'expatriés faisant des excursions durant leurs temps de loisirs et ramassant, en surface ou lors des travaux de construction, des pierres taillées. Ces objets aboutissaient souvent par la suite dans les collections du Musée royal de l'Afrique centrale. C'est également la région qui a connu le plus de fouilles : aux travaux de J. Colette à la pointe de la Gombe à Kinshasa entre 1925 et 1927 ont succédé 2 longues campagnes de prospection et de fouilles menées par Maurits Bequaert en 1938-1939 et 1951-1952 (Cornelissen \& Livingstone-Smith 2015), puis les travaux de Daniel Cahen en 1973-1974 (Cahen 1978b
, puis les travaux de Daniel Cahen en 1973-1974 (Cahen 1978b, 1981; Cahen et al. 1983; de Maret \& Stainier 1999) et de Pierre de Maret entre 1972 et 1974 (Cahen \& de Maret 1974; de Maret 1975a, b), puis en 1984 (de Maret \& Clist 1985; de Maret 1986) et enfin, depuis 2012, ceux du projet KongoKing.
Sans remettre en cause la présence d'anciennes industries allant de l'Âge de la Pierre ancien, avec une industrie acheuléenne, jusqu'au Néolithique caractérisé par des haches partiellement polies, en passant par l'Âge de la Pierre moyen, qui est celui des industries dites sangoennes et lupembiennes, et par l'Âge de la Pierre récent, qui comporte l'industrie tshitolienne, l'essentiel de ces définitions vient d'un matériel récolté en surface (Van Noten 1982; Lanfranchi \& Clist 1991a).
Parmi les grandes exceptions figure le site de la pointe de la Gombe, mais des processus de perturbation post-sédimentaire y ont abouti à un mélange d'horizons que l'on avait interprétés à l'origine comme les éléments bien distincts d'une séquence chronologique (Cahen 1976). Une dissociation entre les dates au radiocarbone et le matériel lithique a conduit son fouilleur à proposer le terme de « Post-Acheuléen » en attendant de nouvelles fouilles de sites moins perturbés (Cahen 1976, 1978b). Sur base des collections de matériel de surface, la matière première de prédilection à travers toute la préhistoire dans la région, est le grès polymorphe, qui y abonde sous forme de blocs ou bien de grands galets dans les rivières ou d'anciens lits de rivières. L'utilisation de quartz est rarement attestée dans ces ramassages de surface, probablement en raison de leur moindre visibilité pour un œil non averti, ce qui rend particulièrement intéressants les travaux sur le terrain menés dans le cadre du projet KongoKing. | Chapitre 5 | L'industrie en quartz de l'Holocène ancien au Bas-Congo | [
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] | 5 | 3,056 | |
[Chapitre 5 | L'industrie en quartz de l'Holocène ancien au Bas-Congo | 5.1 Contexte des trouvailles lithiques KongoKing 2012-2015]
5.1 Contexte des trouvailles lithiques KongoKing 2012-2015
Bien que les Âges de la Pierre n'aient pas été l'objet du projet KongoKing, il y a eu des découvertes fortuites en marge des fouilles ou prospections (Figure 5.1). Au total, du matériel lithique fut ainsi recueilli sur 42 sites. C'est celui-ci qui sera analysé dans ce travail. Il s'agit de matériel collecté en surface pour 31 sites ou localités. Le nombre total d'artefacts par localité varie entre 1 à 60 artefacts, sauf à Mantsetsi où a été faite une collecte soigneuse de 205 artefacts en quartz en surface.
Pour 11 sites, il s'agit de matériel rassemblé lors de fouilles, avec une densité très variable et en général assez faible.
| Site | Site Abr. | Total artefacts | Quartz (\%) | Tranchées | Unité de fouille | Prof. max. | Densité moyenne | Densité max. |
| :-- | :-- | :-- | :-- | :-- | :-- | :-- | :-- | :-- |
| Ngongo Mbata | NBC | 865 | 88 % | 11 | 83 | 200 | 10 | 61 |
| Kingombe | KGB | 419 | 99 % | 1 | 4 | 100 | 105 | 200 |
| Mbata Kulunsi | MBK | 97 | 97 % | 6 | 18 | 120 | 5 | 37 |
| Makela | KEL | 19 | 30 % | 2 | 5 | 100 | 4 | 15 |
| Kinsala | NSA | 104 | 89 % | 7 | 30 | 120 | 3 | 30 |
| Mbata Kulunsi | MBK | 97 | 97 % | 6 | 18 | 120 | 5 | 37 |
| Makela | KEL | 19 | 30 % | 2 | 5 | 100 | 4 | 15 |
| Kinsala | NSA | 104 | 89 % | 7 | 30 | 120 | 3 | 30 |
| Kinkinzi | KKZ | 5 | 80 % | 4 | 5 | 100 | 1 | 1 |
| | GOB | 26 | 92 % | 3 | 11 | 105 | 2 | 6 |
| Kitala | TAL | 25 | 4 % | 3 | 7 | 120 | 4 | 11 |
| Mantsetsi | MTS | 175 | 99 % | 5 | 26 | 90 | 7 | 27 |
| Kindu | KND | 107 | 99 % | 3 | 9 | 60 | 11 | 21 |
| Kindoki | KDK | 39 | 0 % | 1 | 6 | 130 | 7 | 10 |
Tableau 5.1: Survol des sites fouillés. Nombre total d'artefacts, pourcentage d'artefacts en quartz, le nombre de tranchées indiquant l'étendue sur laquelle les artefacts lithiques ont été collectés lors de la fouille. Le nombre d'unités de fouille est exprimé en nombre de 1 ~m^3 sur 10 cm d'épaisseur. La profondeur maximale est celle du carré le plus profond du site à avoir livré du matériel lithique. La densité moyenne égale le nombre total d'artefacts divisé par le nombre total d'unités de fouilles. La densité maximale est le nombre d'artefacts maximal pour une seule unité de fouille.
Figure 5.1: Carte de localisation de sites ayant livré du matériel lithique lors de prospections (ramassage de surface) et des fouilles historiques
L'unité de fouille dans laquelle le matériel était pris est d'1 m² sur une épaisseur de 10 cm , parfois de 20 cm . Les moyennes (Tableau 5.1.) vont de 2 à 10 artefacts par unité, sauf pour le site de Kingombe, où 400 artefacts en quartz ont été trouvés entre 60 et 80 cm de profondeur sur 1 ~m^2.
Quant aux autres sites fouillés, la répartition y était souvent assez étendue. Pour Ngongo Mbata, les 865 artefacts ont été collectés sur 21 carrés étalés sur 11 tranchées.
Cela n'aurait par conséquent pas de sens de comparer ou d'analyser la répartition horizontale ou la répartition différentielle sur le site ; rares sont les carrés avoisinants et lors de la fouille de la couche sableuse, aucun horizon n'a été identifié qui pourrait lier les différentes unités.
Quant à la répartition verticale des artefacts, la profondeur des carrés varie entre 60 cm et 200 cm . | Chapitre 5 | L'industrie en quartz de l'Holocène ancien au Bas-Congo | 5.1 Contexte des trouvailles lithiques KongoKing 2012-2015 | [
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] | 3 | 3,395 |
[Chapitre 5 | L'industrie en quartz de l'Holocène ancien au Bas-Congo | 5.2 Cadre chronologique : Holocène ancien]
5.2 Cadre chronologique : Holocène ancien
Deux datations ont été effectuées sur des charbons de bois collectés dans 2 tranchées à Ngongo Mbata et qui sont chacune étroitement associés à une concentration de pierres taillées principalement, ou entièrement, en quartz. L'échantillon de la Tranchée 8, Carré A1, collecté à -120/-140cm a livré une date de 9470 +/- 50 bp (Poz-60770 ou 9112-8559 BC) publiée comme en association avec du quartz microlithique d'origine Late Stone Age (Clist et al. 2015d: 475). Une deuxième date du même site, de la Tranchée 44, Carré A'1, sur des charbons collectés à -130/-140cm, donne 8910 +/- 50 bp (Poz-80297 ou 8229-7795 BC). Bien que les dates ne se chevauchent pas, elles indiquent une présence de ces ensembles en quartz entre la fin du 8^e millénaire et la fin du 10^e millénaire, c'est-à-dire au début de l'Holocène dans un contexte de site en plein air, ce qui est une première pour la région.
Le matériel des niveaux ainsi datés et celui du reste du site seront analysés en premier lieu ainsi que la forte concentration du quartz trouvée sur le site de Kingombe. Ces 2 sites serviront de référence pour l'ensemble des artefacts lithiques provenant des 8 autres sites fouillés. En premier constat (Tableau 5.2), pour tous les ensembles fouillés on remarque la prépondérance du quartz comme matière première, sauf pour les petits ensembles de Kitala (25 artefacts), de Makela (20 artefacts) et de Kindoki (39 artefacts) qui sont majoritairement et pour le dernier site exclusivement, en chert gris lité. Il faut aussi relever la quasi absence du grès polymorphe dans ces ensembles fouillés. En effet, il ne s'agit que de 2 artefacts sur 419 à Kingombe et que d'1 seul artefact sur 865 à Ngongo Mbata. | Chapitre 5 | L'industrie en quartz de l'Holocène ancien au Bas-Congo | 5.2 Cadre chronologique : Holocène ancien | [
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] | 2 | 1,856 |
[Chapitre 5 | L'industrie en quartz de l'Holocène ancien au Bas-Congo | 5.3 Description du matériel lithique trouvé en fouille]
Pour la description de la composante post-acheuléenne, nous utiliserons la terminologie proposée par Cahen (1978b) sauf pour le terme de 'core-axe' et pour lequel nous renvoyons à la définition originale (Clark 1963: 50). Pour les éclats, la classification de Toth (1985) est appliquée en subdivisant les éclats en six types définis en fonction de l'étendue du cortex sur la face dorsale (types 1 et 4 signifient que plus de la moitié de la surface dorsale est en cortex, types 2 et 5 que moins de la moitié de la surface dorsale l'est, et les types 3 et 6 n'ont pas de cortex sur la face dorsale) et de la présence de cortex sur le talon (types 1 à 3 : présence de cortex, types 4 à 6 : absence de cortex). En ce qui concerne la méthode de taille envisagée pour les collections en quartz étudiées ici, on observe une récurrence de la fracturation de galet suivie par un débitage souvent multidirectionnel à partir du néocortex de la face plane d'une des moitiés du galet fracturé (split cobble). Bien que cette fracturation soit en toute probabilité liée à l'application de la technologie bipolaire, une analyse détaillée des traces de cette technologie - en suivant, par exemple
, une analyse détaillée des traces de cette technologie - en suivant, par exemple, les critères offerts par de la Peña (2015) - n'a pas été envisagée à ce stade descriptif. Etant donné sa spécificité technique, le terme de split cobble ne sera pas traduit ici. Pour l'utilisation du terme split cobble en français, voir diverses
contributions dans Mourre \& Jarry (2010). Pour les principes et le degré de compétence impliqués dans la fracturation de galets par la technologie bipolaire, voir Duke \& Pargeter (2015). Pour un survol des différentes interprétations de la technologie bipolaire, voir Shott \& Tostevin (2015).
En ce qui concerne les outils ou les pièces modifiées en quartz, ils résultent souvent de l'aménagement par une retouche aléatoire, peu continue et peu invasive d'un bord déjà fracturé lors du détachement. Ainsi peuvent se dégager des pointes robustes à section quadrangulaire ou bien un bord denticulé. Une retouche « grignotante » ('nibbling retouch') n'affecte que les bords sans en changer la forme ou de modifier la pièce. En général, il y a peu d'artefacts retouchés ou de supports qui ont subi une modification après détachement. | Chapitre 5 | L'industrie en quartz de l'Holocène ancien au Bas-Congo | 5.3 Description du matériel lithique trouvé en fouille | [
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] | 3 | 2,474 |
[Chapitre 5 | L'industrie en quartz de l'Holocène ancien au Bas-Congo | 5.3.1.1 Ngongo Mbata (NBC)]
5.3.1.1 Ngongo Mbata (NBC)
Les différentes tranchées ayant livré du matériel lithique se trouvent dispersées sur une surface de 400 x 600 ~m (Clist et al. 2013b: 25, Figure 3). La fouille s'arrêtait partout à 1 m de profondeur. Un sondage profond de 3 m dans la Tranchée 19 afin de prélever des échantillons de terre pour des études pédologique et de paléo-environnement, indique que le dépôt sableux ne montre pas de structures ou d'horizons.
Pour 3 unités de fouille, le total d'artefacts est respectivement de 46,59 et 61 , mais dans 90 % de ces unités, il s'agit de moins de 20 artefacts, et de moins de 10 artefacts pour 65 % des unités. Dans 4 tranchées, il y a plus d'1m² fouillé, mais
Tableau 5.2: Ngongo Mbata. Répartition verticale des artefacts par unité de fouille ( 1 ~m^2 sur 10 ou 20 cm d'épaisseur). * et ** indiquent l'emplacement des dates au radiocarbone. R indique l'emplacement des quelques remontages. Le total d'artefacts est calculé par carré, ainsi que le pourcentage d'artefacts en quartz, le pourcentage d'artefacts corticaux sur le total d'artefacts en quartz et la dimension maximale des artefacts.
jamais plus de 4 ~m^2 avoisinants, et dans 7 tranchées il s'agit d'un seul m^2. Etant donné que les unités de fouille et leur répartition spatiale ne permettent pas de dégager des ensembles pertinents, c'est l'ensemble des unités qui est décrit, sauf pour les 2 unités datées.
L'intégrité de site mérite néanmoins notre attention, car les artefacts sont en effet trouvés sur toute l'épaisseur du dépôt sableux (Tableau 5.2) et ne semblent pas toujours se concentrer à une profondeur entre 80 et 100 cm (Clist et al. 2015d: 475). Des tentatives de remontage ont été entreprises pour chaque unité et quelques remontages se sont avérés possibles dans la Tranchée 44, entre 100 et 110 cm et entre 120 et 130 cm en dessous de la surface dans le carré B^\prime 1, ainsi que dans le Carré A1 entre 75 et 80 cm . Ces remontages sont néanmoins trop peu nombreux pour permettre d'évaluer d'éventuelles perturbations post-sédimentaires, à l'instar de ce qui avait pu être montré pour Gombe où les distances verticales entre les pièces remontées indiquaient de telles perturbations (Cahen 1976). Un de ces multiples groupes remontés - la reconstitution de la réduction d'un nucléus à lames repris en nucléus irrégulier (Cahen 1976: 595598) - est composé de 102 artéfacts dispersés entre 180 et 260 cm de profondeur. A Ngongo Mbata (NBC)
, le nombre de pièces remontées est très faible et concerne au maximum 6 artefacts résultant de l'épannelage d'un galet de quartz. La distance entre les pièces qui ont pu être remontées n'y dépasse pas 10 cm . Un autre indice possible de perturbation est la présence de petits fragments de poterie entre 140 et 150 cm de profondeur à Ngongo Mbata. Dans l'état de nos connaissances sur l'introduction de la poterie dans la région au premier millénaire BC, une association entre poterie et quartz à 9470 +/- 50 bp nous semble peu probable. Il doit s'agir là, comme illustré ailleurs lors de fouilles des niveaux de l'Âge du Fer (Chapitre 10), de bioturbations, ce que démontre la découverte d'une galerie et d'un terrier creusés par un rat dans la tranchée 60 , jusqu'à une profondeur de 150 cm . En absence d'horizons ou d'une position stratigraphique certaine des artefacts lithiques, mais également sans indicateurs clairs de perturbation, nous supposons que les artefacts en pierre taillée ont intégré le dépôt de sable lors de sa sédimentation dès 9470 +/- 50 bp au moins et peuvent donc donner une idée des industries lithiques depuis l'Holocène ancien. | Chapitre 5 | L'industrie en quartz de l'Holocène ancien au Bas-Congo | 5.3.1.1 Ngongo Mbata (NBC) | [
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] | 4 | 3,717 |
[Chapitre 5 | Unités datées à Ngongo Mbata]
Unités datées à Ngongo Mbata
L'ensemble récolté dans la même unité associée à la date de 8910+/-50 bp et (NBC13 -44-A'1-130-140cm) est composé de 23 artefacts au total ; 16 en quartz dont 15 portent du cortex lisse de galet et dont les dimensions sont comprises entre 1,2 et 3,3 cm. Six artefacts dans un chert gris mesurent entre 1,6 et 5,5 cm. Un fragment de 6,1 ~cm est constitué d'une roche indéterminée. Un petit nucléus en chert gris ( 2,2 x 3,3 x 1,6 ~cm ) doté d'un plan de frappe non préparé porte 3 négatifs d'éclats lamellaires. Les 26 artefacts provenant de NBC-08-A1-120-140, où un charbon de bois a été daté à 9470+/-50 bp, sont exclusivement en quartz. Il s'agit de 2 split cobbles ( 5,0 et 3,6 ~cm max.) et de 24 artefacts mesurant entre 0,9 et 3,5 cm. Un fragment et un éclat montrent des négatifs d'enlèvements lamellaires. Un éclat de type 6 et de max. 1,2 ~cm a une petite encoche sur le bord gauche. Parmi les 11 éclats dont la dimension maximale est entre 1 et 2 cm ,
2 éclats sont de type 1 ou d'épannelage, 6 éclats sont de type 3 et 3 éclats de type 6 sans cortex. Un éclat sans cortex a une dimension maximale de 2,5 ~cm et porte quelques retouches aléatoires.
La prévalence du quartz dont une proportion assez importante retient du cortex est à noter, ainsi que l'absence de lamelles, même si 2 fragments contiennent des négatifs lamellaires. Il faut aussi noter l'absence de microlithes proprement dits, ou de retouches modifiant la forme originale du support. Il n'y pas non plus une composante macrolithique, ou un outillage plus lourd ou des pièces utilisés comme des fragments de meules. | Chapitre 5 | Unités datées à Ngongo Mbata | [
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[Chapitre 5 | Unités non datées à Ngongo Mbata]
Unités non datées à Ngongo Mbata
Comme le montre le Tableau 5.2, 2 observations sont claires : la prépondérance de quartz partout dans les carrés et la proportion élevée de cortex parmi les artefacts en quartz. La Figure 5.2 montre les dimensions des 2 grands groupes de matières premières : les différentes variantes de quartz ( 88,5 % ou 695/785), et les autres matières non-quartz pour lesquelles un chert gris lité est le plus représenté (51/90). Le reste est réparti entre différentes roches telles que du quartzite, du grès (un seul cas de grès polymorphe), d'autres variétés de chert et des matières non spécifiques. Les courbes des dimensions sont assez proches pour les 2 groupes de matières premières, même si la proportion de la classe d'1cm est plus prononcée pour le quartz ( 40 % ). Les artefacts en quartz ne dépassent pas 8 cm . Pour les autres matières premières, la classe la plus représentée est celle de 2 cm avec 30 % et il y a relativement plus de «grandes» pièces, avec 32 %>5 ~cm mais en ne dépassant pas les 9 cm .
Une comparaison par classe dimensionnelle des 2 groupes de matières premières (quartz et non quartz, Figure 5.3) confirme que le cortex est présent sur davantage d'artefacts en quartz, et même sur tous les artefacts à partir de 4 cm . Parmi les autres matières premières, la proportion du
Figure 5.2 : Ngongo Mbata. Distribution dimensionnelle de tous les artefacts en quartz (695) et de tous les artefacts réalisés en d'autres matières (90). Nombre d'artefacts sur l'axe Y, dimensions maximales groupées en classes d'1cm d'intervalle sur l'axe X
Figure 5.3 : Ngongo Mbata. Distribution dimensionnelle de tous les artefacts en quartz (695) et de tous les artefacts réalisés en d'autres matières (90), nombre d'artefacts sur l'axe Y, dimensions maximales des artefacts sans et avec cortex, groupés en classes d'1cm d'intervalle sur l'axe X
cortex augmente avec la taille des pièces, mais dans des proportions relativement moindres (p.ex. comparez la classe de 3 cm qui représente 35 % des pièces en quartz où 86 % comportent du cortex et 31 % des pièces de 3 cm dans d'autres matières premières où le cortex est présent sur 33 % des pièces).
Le néocortex du galet en quartz peut être, et est exploité, comme plan de frappe sans qu'il y ait aménagement d'un plan de frappe non-néocortical (Mourre 1997: 202), ce qui est plutôt une valeur ajoutée comparé au cortex des cherts par exemple. Dans ce dernier cas, le cortex est une croûte d'altération, ayant tendance à se pulvériser, donc peu propice à la taille et qu'il faut enlever au début de toute séquence de réduction. Cela explique également le taux de cortex plus élevé parmi les pièces plus grandes pour ce groupe de matières premières. | Chapitre 5 | Unités non datées à Ngongo Mbata | [
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